Le titre du prochain roman sera vraisemblablement : « Un soldat sans qualités ».
Le personnage principal sera un soldat gorronnais pris dans la débâcle de mai 1940 qui tentera de survivre pendant l’Occupation.
Le débarquement (suite)
Après avoir pris pied sur les plages normandes (difficilement, notamment à Omaha Beach), les Alliés avaient pour ambition de s’enfoncer rapidement sur le territoire français. Pour cela, ils ont bombardé intensément les villes et les installations militaires fragilisant ainsi les défenses allemandes.
Malheureusement, ces bombardements, pas toujours bien ciblés, ont occasionné des destructions et des morts civils importants. Ce fut le cas, notamment, de la ville de Mayenne. Dans la nuit du 8 au 9 juin 1944, vers 1h 30 du matin la ville fut pratiquement rasée et 350 personnes y ont perdu la vie. Tout cela en douze minutes.
Parmi ces victimes, on releva deux jeunes gorronnais : Lucien Mauduit et Albert Leblanc. Ces bombardements ont parfois entaché la réputation des Alliés. « Sauveurs de la France » mais aussi bourreaux de certains Français.
Dans le roman, le bombardement de Mayenne servira d’excuse à certaines délations de résistants par des pétainistes radicaux.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale…
Le journal de Gabrielle Boullard (épouse Daniel)
1948
Le décès de notre maire Lucien Dollé a bouleversé une partie de la population. Plutôt bien apprécié, notamment pendant la période difficile de l’occupation, sa disparition précoce a affecté la plupart des Gorronnais. Même si, à la sortie de la guerre, les élus ont pu être critiqués dans leurs rapports avec les occupants. Un nouveau maire, M. Fernand Maret, directeur d’assurances, a été élu. La succession de Lucien Dollé ne sera pas simple.
Un événement d’une autre nature a marqué la vie Gorronnaise. Notre champion de boxe Marcel Cerdan est devenu champion du monde. Beaucoup de Gorronnais ont écouté la transmission radiophonique en pleine nuit. Certains sont sortis dans la rue pour fêter cette victoire. Malheureusement, il meurt dans un accident d’avion à la fin de l’année. Une grande émotion ressentie jusque dans notre ville.
Intéressé par ailleurs par Aliénor d’Aquitaine, figure historique exceptionnelle, je vais essayer de décrire Gorron à cette époque.
Aliénor (1122-ou 1124 / 1204) duchesse d’Aquitaine et comtesse de Poitiers, reine de France en1137 puis reine d’Angleterre en 1152, par son mariage avec Henri II, elle règne sur un immense territoire qui va de l’Ecosse aux Pyrénées. On y trouve la province du Maine donc la forteresse de Gorron (voir sur le blog la description du château).
En 1152, le château a au moins cent ans. Son Suzerain direct est alors Juhel 1er de Mayenne, famille qui possèdera Gorron jusqu’en 1164, date où la châtellenie deviendra la possession directe d’Henri II. C’est seulement en 1199 qu’elle redeviendra aux seigneurs de Mayenne (Juhel II).
C’est donc la période de 1164 à 1199 qui nous intéressera dans cette petite recherche.
Un visiteur du blog nous a transmis une lettre d’un soldat, habitant alors à Gorron, qui écrivait régulièrement à sa femme. Ce soldat, malheureusement, ne reviendra pas de la guerre…
Extrait d’une autre lettre…
L'auteur des lettres
Jeudi 30 septembre 1915... Le soldat est désormais au front.
... C’est pendant ces différents combats que moi et une trentaine de camarades nous nous sommes trouvés séparés du gros de notre compagnie. J’ai vu Nollieres* monter d’une tranchée pour avec des camarades de sa compagnie se déployer en tirailleurs. Il avait à peine fait quelques pas qu’il est tombé gravement blessé. Le lendemain son camarade Gallienne qui l’a retiré du terrain m’a dit qu’il devait être mort par suite des secousses subies pendant son transport... La blessure serait une balle entrée par l’aisne et sortie par la cuisse. De par la souffrance le malheureux ne croyait plus n’avoir qu’une jambe…
*Il s’agit de Constant Nollière mort le 28 septembre 1915, « tué à l’ennemi » dans la forêt d’Argonne ».
A partir du recensement de la population de 1975, en ne retenant que les adultes natifs de Gorron, j’essaie de retrouver les plus anciennes familles gorronnaises. On s’aperçoit assez vite que la population est sans doute beaucoup plus mobile qu’on ne pourrait le penser dans les siècles passés.
1975
Rue du Maine
Jean Bertin né le 01/09/1905, sabotier, rue du Pré.
Il est le fils de Jean Bertin, sabotier, rue du Pré et de Célestine Juban. Jean Bertin le père est originaire de Couesmes. Célestine Juban est originaire de Parigny (Manche).
Il ne sera pas retenu pour la recherche.
Récapitulatif
Sur 944 personnes retenues, 175 sont originaires de Gorron. Sur ces 175, 64 s’inscrivent dans une lignée de plus d’une génération.
Marie Taburet (épouse Jean Moreau), née le 24/04/1921.
Marie Taburet est la fille d’Eugène Taburet originaire de Hercé et de Berthe Théval originaire de Lévaré.
Elle ne sera pas retenue pour la recherche.
Récapitulatif
Sur 945 personnes retenues, 176 sont originaires de Gorron. Sur ces 176, 64 s’inscrivent dans une lignée de plus d’une génération.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962.
Il n’y a sans doute pas plus d’incestes aujourd’hui qu’hier mais la parole se libère. L’autrice évoque ce qu’elle a vécu, violée pendant des années par son beau-père. Mais il ne s’agit pas d’un discours détaillé de son calvaire. Et s’il y a quelques scènes un peu crues, elles sont rares et sont là pour illustrer l’ignominie des actes.
Ce qui préoccupe l’autrice, c’est de comprendre. Elle tente d’analyser en détail ce qui peut se passer dans la tête du violeur, les dégâts provoqués chez la victime. Elle élargit son propos aux préjugés, aux idées toute faites : la résilience, la parole, le procès… qui ne jouent pas le rôle qu’on dit chez les victimes. Quand elle décide de porter plainte, de demander un procès public, c’est pour les autres, la protection des futures victimes, la prise de conscience des drames…
Pour ses nombreuses réflexions, analyses, elle a recours aux œuvres littéraires. Elle élargit, approfondit, ce qui peut parfois entraîner des redites et donner un aspect brouillon au texte. Texte cependant nécessaire à qui veut aborder ce phénomène difficile à comprendre où la domination d’autrui l’emporte sur les seuls aspects sexuels.
Un visiteur du blog nous a transmis une lettre d’un soldat, habitant alors à Gorron, qui écrivait régulièrement à sa femme. Ce soldat, malheureusement, ne reviendra pas de la guerre…
Suite de la lettre (le soldat est cantonné à Clermont)
« Ici on voit toutes sortes de régiments, un remue-ménage continu de camions automobiles et charriots de toutes sortes attelés de chevaux superbes. La cavalerie ne fait point défaut et est composée de très bons chevaux en parfait état. Un nombre considérable de caissons passe tous les jours pour le ravitaillement des munitions d’artillerie. Tous les jours aussi, vol de nombreux aéroplanes. On remarque également plusieurs ballons captifs surveillant l’ennemi. Hier soir, j’ai pu remarquer les effets produits dans les nuages par trois obus tirés sur un aéro boche. L’éclatement de chaque obus forme comme un petit nuage gros comme la tête dans le ciel dans un ciel pur (…)
A remarquer la qualité de l’écriture.
(…) Nous irons demain soir aux tranchées de la Haute Chevauchée entre les secteurs de Vauquois et de Marie Cherise (Argonne) pendant 12 jours, 6 jours en arrière, 6 jours en avant. Nous serons munis des fameux casques en acier et de masques contre les gaz asphyxiants. Tous nous y allons sans émotion avec le ferme espoir de revenir vivants après avoir fait notre devoir.
Le titre du prochain roman sera vraisemblablement : « Un soldat sans qualités ».
Le personnage principal sera un soldat gorronnais pris dans la débâcle de mai 1940 qui tentera de survivre pendant l’Occupation.
L’antisémitisme
La haine du juif est très ancienne et on la retrouve dans de nombreux pays. Elle est particulièrement vivace en Allemagne où les actes antisémites se multiplient avec l’arrivée des Nazis au pouvoir. Le but est l’isolement et l’abrogation des droits politiques, juridiques et civils.
En France, l’antisémitisme est aussi présent. La défaite et l’occupation ne l’ont en rien diminué. En zone occupée, les Nazis appliquaient les mêmes mesures qu’en Allemagne. En zone libre, l’Etat français suivit la politique antisémite des Allemands et participa à leur persécution arrestation, déportation…).
Les Nazis poussèrent leur logique, de regroupement dans des camps de concentration jusqu’à l’extermination systématiques des Juifs. A l’époque, cette atrocité était dissimulée. Cela n’enlève rien à la responsabilité de la police française qui participait aux rafles et à la déportation.
Des Français ont tenté d’aider des familles juives à fuir. D’autre les ont dénoncées. Dans le roman, le personnage principal aidera au sauvetage d’un enfant juif.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale…
Le journal de Gabrielle Boullard (épouse Daniel)
Premier logo de m'Amicale Laïque
1947
Notre ville a très tôt connu un éclairage publique et une alimentation en électricité de quelques bâtiments. Cette fois, toute la commun est électrifiée. Même si beaucoup de familles pauvres limitent l’utilisations des lampes, cette innovation change la vie.
L’Amicale laïque, comme souvent quand une association vient d’être créée, a organisé plusieurs manifestations : concert et bals qui s’accordent bien avec la fin de la guerre mais aussi un repas pour les vieillards de Gorron. Ouvert à toutes les personnes âgées, seules les familles nécessiteuses ont majoritairement profité de ce geste de solidarité.
Notre maire, Lucien Dollé a été réélu. Plutôt défenseur de la laïcité, la cure elle-même a reconnu que cet homme simple et dévoué a réussi à maintenir une certaine unité dans la population gorronnaise, ce qui n’était pas très simple pendant une guerre qui a suscité des tensions entre ceux qui soutenaient Pétain et ceux qui étaient pour de Gaulle.
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Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par
courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr