Après ma déception à la lecture de « Sur la dalle » de Fred Vargas qui escamotait le contexte Saint-Malo/Chateaubriand promis, je me méfiais. Le conseil d’un bon lecteur sensible au romantisme de la ville et de l’écrivain me rassurait un peu. Et je n’ai pas été déçu. L’hôtel de corsaire dans les murs, la Bretagne en hiver, la mer frappant les remparts, le crachin et le tombeau face à la mer… tout y était.
Le cadre tenait toutes ses promesses. L’histoire à connotation policière m’a paru au départ un peu sophistiqué. Par la suite, certaines scènes (comme celle du voilier incendié), certains rebondissements, m’ont semblé peu réalistes. Mais les thèmes abordés, l’écriture, l’édition, les liens familiaux, m’ont très vite séduit.
Globalement donc, une bonne lecture et une autrice que je ne connaissais pas et qui a du talent.
La première mouture du roman policier « Monsieur Louis » se termine. Pendant la relecture et les corrections, je commence à préparer le roman historique suivant. Le titre n’est pas encore choisi (peut-être "Un soldat sans qualités"). Le personnage principal sera un soldat gorronnais pris dans la débâcle de mai 1940 qui tentera de survivre pendant l’Occupation.
Bien qu’il ne s’agisse que d’un roman, les périodes concernées par l’histoire s’appuieront sur le parcours militaire de mon père : il effectue son service militaire au 1er régiment de chasseurs du 21/04/1931 jusqu’au 15/04/1932. Il suit une période d’exercices du 15/10/1934 au 03/11/1934. Affecté pendant la drôle de guerre au 1er Régiment de Cuirassiers le 1er janvier 1940, il est démobilisé le 1er septembre 1940 dans le sud de la France.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale…
Le journal de Gabrielle Boullard (épouse Daniel)
Bouilleurs de cru
1935
La commune, comme celles des environs, s’élève contre les nouveaux règlements encadrant la production des bouilleurs de cru (fabrication d'alcools de fruits). L’augmentation des taxes, le contrôle des productions, sont rejetés par les propriétaires. Un mouvement de protestation se propage dans notre région. Une manifestation de plus de 1000 participants a lieu à Gorron. La municipalité, comme beaucoup d’autres, démissionne pour soutenir les manifestants.
Notre maire, Joseph Pottier, réélu il y a peu après les municipales favorables à la gauche, accompagne le mouvement. Par contre sa position à propos des boues (résultat des ordures ramassées sur les rues de la ville) entreposées sur le Champ de foire semble poser problème au sein du conseil municipal.
Le conseil est plus unanime pour interdire aux grands magasins de s’installer sur le marché. C’est moins évident pour la création d’un abattoir municipal. Les abattoirs privés, non fermés, donneraient un spectacle immoral aux enfants.
La musique a toujours été une activité développée à Gorron.
Dès 1908, la fanfare et la chorale du patronage Saint-Martin donnaient des concerts dans la salle paroissiale. On retrouve dans les statuts de l’association « La Jeanne d’Arc », la pratique de la musique.
Au cours du 20e siècle, on voit apparaître des structures diverses qui ont contribué au développement de la pratique de la musique. Une fanfare (Saint Martin), une clique de clairons et trompettes. Un rallye cor (cors de chasse). Un orchestre de la Sainte-Cécile. Un Cercle musical gorronnais. Puis, plus tard, la Lyre gorronnaise…
Dans l’article, on évoque la famille Ollivier (Olivier) : notamment André Olivier, chef d’orchestre Sainte Cécile, ses sœurs, Armande et Marie-Louise. La famille Olivier (Le père Armand, peintre, et sa femme Marie-Louise, sont recensés en 1936, rue de la Mairie.
On y trouve aussi des noms qui ont contribué au développement de la musique à Gorron : Melle Maret, Melle Béchet (sœur de Michel Béchet qui a, sur le blog, raconté l’histoire de ce développement).
Je commence ici une nouvelle recherche sur les veuves de guerre. A partir du document : « Les Gorronnais morts pendant la guerre 1914 – 1918 », je vais recenser les femmes ayant perdu leurs maris pendant la guerre. L’objectif étant d’évaluer le nombre de remariages après ces veuvages.
Marie Cousin épouse Constant Nollière
Constant Nollière, né le 02 mars 1884 à Brecé, est mort le 28 septembre 1915 « tué à l’ennemi » dans la forêt d’Argonne.
On le retrouve, cafetier rue Magenta, dans le recensement de Gorron avec sa femme (Claire) Marie Cousin, née à Soucé en 1890 (5 septembre ?).
Je perds la trace de (Claire) Marie Cousin. Claude aura peut-être des informations ?
A partir du recensement de la population de 1975, en ne retenant que les adultes natifs de Gorron, j’essaie de retrouver les plus anciennes familles gorronnaises. On s’aperçoit assez vite que la population est sans doute beaucoup plus mobile qu’on ne pourrait le penser dans les siècles passés.
1975
Rue Jean-Jacques Garnier
Germaine Bouillon, épouse Perron, née le 24/09/1914.
1ère génération
Jean Perron
Ouvrier d’usine
Germaine Bouillon
Gardienne Bouillon
Rue Jean-Jacques Garnier
1975
2ème génération
Marie Jean Bouillon
Tailleur de pierre
Clémentine Danjou
Rue du Coq
1914
3ème génération
Constant Bouillon
Charpentier
Hortense Rousseau
Ménagère
1867
4ème génération
Ambroise Bouillon
Charpentier
Anne Boulière
Marie Jean, tailleur de pierre, est le fils de Constant Bouillon, charpentier et d’Hortense Rousseau, ménagère. Ils se sont mariés le 16/12/1867 à Gorron.
Constant Bouillon est le fils de Ambroise Bouillon et d’Anne Boulière.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962.
Recensement de 1962
Rue de Bretagne (côté pairs)
N° 2 : Jean Couthier, hôtelier, son épouse Lucette et leurs enfants : Christian, Dominique, Marylise, Annie, Jean-Jacques, Yves.
J’ai découvert cet auteur grâce à son livre : « Une promesse ». Son talent qui pouvait déclencher chez le lecteur une réelle émotion sans en faire trop (sans « poisser l’écran » comme il dit à propos du cinéma) m’avait profondément touché. Depuis, j’ai lu tous ses livres. Et je trouve qu’il se banalise un peu.
Ce nouveau roman semblait renouer avec ses premiers ouvrages. Un jeune, enfermé dans la colonie pénitentiaire de Belle-Île-en Mer, s’échappe avec cinquante autres petits bagnards. On est dans sa tête, le narrateur écrivant à la première personne. On le voit dans la colonie avec gardes et prisonniers, pour beaucoup violents, voire sadiques. Puis sur la Sainte Sophie dans un petit équipage composé, notamment, d’un communiste et d’une libertaire. Sans compter le patron au grand cœur et sa femme, infirmière, avorteuse, qui ont perdu leur unique enfant.
Malgré le style dépouillé, l’ambition de ne pas « poisser » le récit, j’ai eu l’’impression qu’il en faisait trop. Des personnages trop typés, des événement convenus… Bonne lecture tout de même.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale…
Le journal de Gabrielle Boullard (épouse Daniel)
1934
6 février 1934
Après le chômage entraîné par l’incendie de l’usine de chaussures, c’est un manque de travail qui fragilise la fabrication des chaussures : 93 ouvriers sont licenciés.
L’année connait des drames à Gorron : accident du travail à la carrière de pierre, un ouvrier reçoit le chargement entier d’un wagon sur lui ; une fillette est heurtée violemment par une automobile…
La duchesse d’Abrantès de Hercé est décédée à 86 ans. Un violent orage a provoqué des incendies, tué des animaux, déracinés des arbres. On a l’impression d’une série de catastrophes. Il y a des années comme cela.
Au niveau national, ce n’est guère mieux. Des manifestants d’extrême droite ont voulu s’attaquer à la chambre des députés. 19 morts et une inquiétude pour la Troisième République. Ajouté à cela une crise économique qui s’aggrave et s’étend.
Echanges… (article de Ouest-France – 1949 - transmis par Claude)
Enseigne d’autrefois
Dans l’article, le rédacteur regrette la disparition des hostelleries et auberges d’autrefois à Gorron (qu’il qualifie de ville de grand renom). Nous retrouvons une partie de ces établissements grâce au blog.
Hôtel de l’Ouest : actuellement café des sports, place du Général Barrabé.
Hôtel du porche : pourrait être l’hôtel des Quatre Piliers à l’angle de la rue de la Mairie et de la rue des Sarrazins ou du local actuel de l’association de conservation du patrimoine derrière la mairie.
Hôtel du Four à ban : il se situait en haut à gauche de la rue de la montée.
Hôtel du Pigeon Blanc : il se situait où se trouve les assurances MMA actuelles
Hôtel de Bretagne ; Hôtel du Pont de Hercé : vraisemblablement le même hôtel actuellement rue de Bretagne.
« Ici, on loge à pied ou à cheval » : il s’agit de l’hôtel Bertrand, rue de Bretagne, où se trouve le magasin Monnier meubles actuel.
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Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par
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