Quand le calendrier républicain a été imposé par la Révolution en France, le 22 septembre 1792, il a été mal accueilli, notamment dans les provinces peu informées. Dans l’ouest, où se déroule le roman, l’importance de l’Eglise, des rites religieux, contre lesquels luttaient les révolutionnaires, a rendu son application difficile. Ne serait-ce que l’abandon de la semaine avec la suppression du dimanche et son rituel de la messe.
La vie à la campagne était rythmée par le calendrier grégorien. Les activités agricoles pour les semailles et les récoltes correspondaient aux mois traditionnels. Les fêtes, jours de repos pour les travailleurs, étaient le plus souvent religieuses. Les réticences à utiliser ce nouveau calendrier furent très fortes dans certaines régions rurales.
Quand en janvier 1806, l’Empire décide de rétablir le calendrier grégorien, la situation peut être très délicate. Des erreurs sur le plan juridique (registres d’Etat civil, fiscalité…) sont toujours possibles. Et, dans la population elle-même, des conflits peuvent naître entre ceux qui défendent l’un ou l’autre des calendriers. Ce qui arrive dans le roman.
Dans les années 1950, un jeune homme est embauché dans une fabrique de meubles gorronnaise. Il remercie le patron, un homme dynamique et entreprenant, devenu un des plus gros employeurs de la ville. Quelques semaines après l’embauche, le jeune homme tombe gravement malade. Son médecin lui dit que sa maladie est directement liée à son poste de vernisseur et qu’il doit en changer. Le patron refuse. Le médecin se déplace et menace de poursuites. Le jeune homme change de poste. Certes, tous les vernisseurs de l’entreprise ne sont pas atteints aussi vite par la maladie et envisager des protections toucherait à la productivité de l’entreprise et à ses bénéfices. Mais il existe ce qu’on appelle le principe de précaution.
Aujourd’hui, plus de deux millions de personnes ont signé la pétition pour le retrait de la loi Duplomb réintroduisant un pesticide (entre autres mesures) jugé cancérogène par certains scientifiques. Des alternatives sont possibles mais cela nuirait à la compétitivité des producteurs de betteraves et de noisettes et à leurs bénéfices. Certes tous les utilisateurs de ce pesticide, leurs familles et leurs voisins ne développent pas un cancer. Mais il existe ce qu’on appelle le principe de précaution. Et tous les signataires de la pétition ne sont pas des « écoterroristes » irresponsables…
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962.
Recensement de 1962
Rue Jean-Jacques Garnier
N° 4 et n° 6 : Pierre Renard, électricien, son épouse, Renée Divay, leur fils Pierre, ouvrier électricien, son épouse, Andrée Fougères et leur fille Noëlle.
Ça commence comme un roman policier classique : un meurtre, une enquête. Mais, très vite, on s’aperçoit qu’on est un peu au-delà du simple polar. Une dimension sociologique : la Bretagne profonde avec ses rivalités frustres entre paysans et défenseurs de l’écologie, notamment. Une analyse psychologique assez fine des personnages, en particulier de l’enfant au développement singulier.
La construction du récit, aussi, sort de l’ordinaire. Avec ces interrogatoires à la gendarmerie : des monologues des interrogés. Le style étant adapté aux personnages. Mais ce qui fait l’intérêt de ce roman montre assez vite ses limites. Au niveau du style par exemple : « il a écarquillé le yeux comme les truites qu’il vidait au-dessus de l’évier ». Les interrogatoires eux-mêmes finissent par fatiguer. Quant au dénouement, il me paraît peu crédible et un peu rapide.
Pendant très longtemps, les femmes ont été considérées comme inférieures et soumises à leurs pères ou leurs maris. Rappelons que les femmes ne peuvent travailler et ouvrir un compte bancaire sans autorisation du mari qu’à partir des années 1960 !
Au 19ème siècle, les veuves des classes populaires avec enfants en bas âge se retrouvaient dans des situations très précaires. Même si elles pouvaient avoir une certaine autonomie du fait de leur statut.
Souvent, elles se remariaient (après un délai légal de 300 jours au moins) avec un veuf lui-même père de plusieurs enfants et retombaient dans leur statut de dépendance. Certaines, plus âgées, préféraient rester seules.
Dans le roman, une mère et sa fille vont connaître le veuvage jeunes. Pendant la Révolution, l’une d’elles va assumer la tenue d’une closerie et s’émanciper grâce à son instruction, notamment. Sa fille, elle, connaîtra le retour en arrière de la restauration puis de l’Empire.
Marie Hortense (1868/1869) ; Constant Jean (1869) ; Ambroise Louis (1870/1918) ; Marie Hortense (1872) ; Constance Eugénie (1873/1888) ; Hortense Azeline (1875) ; Marie Jean (1877/1950) ; Jean-Baptiste Ambroise (1879/1937) ; Henri Valentin Jean (1880/1899) ; Maria Aurélie (1882) ; Célestine Marie Louise (1884) ; Hortense Joséphine (1885/1969) ; André François Joseph (1886/1951) ; Victorine Constance (1889) ; Léonie (1890) ; Constance Marie Louise (1890).
Léonie : on ne retrouve pas de Léonie Bouillon née en 1890 (donnée geneanet) dans les archives départementales.
Constance Marie Louise est née le 16 octobre 1890. C’est Clément Gendron 1er adjoint qui enregistre la naissance (le maire Auguste Le Marchand est malade). Les parents habitent toujours à la Pierre-Pichard. Les témoins sont Louis Guillardeau, tailleur de pierre et Henri Chantepie, maçon. Ils savent signer.
Le 24 décembre 1890, elle meurt à l’âge de deux mois.
Ainsi s’arrête la 3ème génération.
A suivre : la 4ème génération, Ambroise Bouillon et Anne Boulière.
Dans l’Ancien Régime, en France, des droits seigneuriaux taxaient tout ce qui pouvait être vendu, les jours de marché par exemple. Ci-contre quelques-unes de ces taxes à Gorron. Il a fallu une révolution pour abolir ces droits…
En 2025, le Président des Etats Unis jouent avec les droits de douane. Et les pays, effrayés, notamment les pays européens, remercient presque ce président de ne pas les avoir trop augmentés comme il le menaçait.
Dans son ouvrage, au temps de la royauté en France, La Boétie s’étonnait : « comment se fait-il qu'un seul homme puisse dominer des millions d'autres, sans qu'ils ne se révoltent ? » Il appelait cela « la servitude volontaire ».
Je m’interroge : comment se fait-il que les pays (notamment européens) ne se révoltent-ils pas ? La Boétie émettait une hypothèse (parmi d’autres) : le tyran est soutenu par un réseau de profiteurs qui ont intérêt au maintien de l’ordre établi. Serait-il possible que cette thèse s’applique à certains de nos responsables politiques qui dépendent trop souvent de lobbys privés soucieux de leurs seuls intérêts ?
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Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
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