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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 12:20
La Pierre Tournante…

Souvenirs

Aujourd’hui, il était sur la bonne voie. Cette envie de boucler les dossiers en cours. Ce besoin de rangement, de ménage. Cette froide lucidité sur ses propres faiblesses, sur ses actes passés, peu glorieux. Autant de signes. Il avait remarqué que cela arrivait souvent après quelques excès. Il aimait améliorer parfois ses soirées. Un bon repas, un cigare, un alcool fort. Et la recherche de l’acmé à surtout ne pas dépasser. Et le lendemain, il se regardait avec bienveillance. La volonté, l’image de soi, là était le secret.

Il avait connu ça, ou à peu près, autrefois, avec des corps de femmes. Pas souvent. Cette euphorie du retour. La joie d’avoir su offrir. L’image restaurée dans la pupille de l’autre. Il songea qu’il en était loin actuellement. Mais de peur d’enrayer ce qu’il sentait s’installer, il oublia Jeanne, son corps hésitant et son mari floué.

Il ne lui restait plus qu’à dormir. Il éteignit le feu, prit sa lampe à pétrole au réservoir bleu lumineux et posa le pied sur la première marche de l’échelle. Si tout se passait comme il l’espérait, les rêves seraient doux et le réveil facile.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 12:17
Le Champ des Martyrs…

L’expédition des bourgeois de Gorron

L’auteur du récit véridique relatant cette expédition est un personnage important de Gorron dont nous avons plusieurs fois croisé la famille au cours des différentes recherches. Il s’agit de Mathieu Le Boullenger, né en 1687.

Dans quelques notes biographiques rédigées par G. Boullard nous pouvons lire : « Mathieu Le Boullenger, sieur de la Courçonnais, fils de François Le Boullenger, sieur des Champs et de Jeanne Gouger, né à Gorron le 23 novembre 1687, licencié ès-lois de l’Université d’Angers en 1714, avocat au parlement de Paris en 1721, procureur fiscal de la baronnie de Gorron en 1723, procureur de la fabrique de l’église de Gorron en 1727, avocat à la châtellenie de Saint-Aubin-Fosse-Louvain en 1732, avocat de la baronnie de Gorron en 1738,puis bailli de Gorron. Mort à Gorron le 16 janvier 1742. »

Mathieu Le Boullenger a tenu un livre familial dès 1714 dans lequel il raconte la fameuse expédition :

« L’an mille six cent quatre vingt-huit, il s’est élevé ici un bruit que les ennemis, sous la conduite du prince d’Orange, avaient débarqué du côté de la Hague et avaient descendu en le pays et qu’on les croyait être à L’Epinay et Passais… à suivre… »

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 11:46
Le Champ des Martyrs…

Autre événement structurant le récit…

Bien qu’il s’agisse d’un événement qui, chronologiquement se situe bien après l’expédition des Huguenots contre Gorron, une autre histoire relatée par G. Boullard va constituer un des piliers du roman en cours.

« Dans le tome IV du Dictionnaire Historique de la Mayenne, de M. l’abbé Angot, (…) on lit une phrase bien de nature à piquer la curiosité :

« si tout n’est pas de pure imagination dans l’aventure des bourgeois de Gorron partis en guerre, curé en tête, contre le stathouder de Hollande, Guillaume d’Orange, qui menaçait la France d’une invasion, l’expédition racontée dans une pièce héroïco-comique par un élève du Petit-Séminaire de Mayenne (Victor David) aurait eu pour chef François de Pennard, curé de 1684 à 1692 ».

Disons tout de suite que cette aventure, ou plutôt cette expédition, n’a point été inventée par le poète qui l’a mise en vers. Elle est très réelle. »

La semaine prochaine, nous verrons cette histoire relatée par un contemporain de l’aventure…

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 11:42
La Pierre Tournante…

A la recherche de la Belle Humeur

Il pourrait s’ennuyer s’il n’y avait les livres. Et cette curieuse passion pour le savoir qui parfois l’étouffait un peu. Les affaires municipales lui prenaient peu de temps. Elles lui coûtaient souvent. Et pourtant il passait des journées entières à la mairie. On supposait qu’il se dévouait pour la Commune. En réalité, il traquait, dans les archives mal rangées, des connaissances inutiles sur le passé de la ville. Une piste s’ouvrait, il était survolté. Mais s’il allait trop vite et s’embourbait, la raideur de la nuque finissait par le fatiguer.

De la même façon, son obsession de la « Belle Humeur » parfois le transportait. Pourquoi les actes les plus humbles, certaines fois, le remplissaient d’une joie paisible ? Et, quelque temps après, pouvaient devenir désespérants. Il recherchait les signes. Il expérimentait. S’obligeant à pratiquer, au mauvais moment, ce qui avait peut-être déclenché la « Belle Humeur » quelque temps auparavant. Cela marchait parfois. Mais n’était-ce pas déjà en germe à ce moment même où il avait décidé d’exercer sa volonté. Cette recherche obsessionnelle du commencement pouvait déclencher une boucle infernale. Elle l’épuisait. Et puis il en ressortait, persuadé d’être près de la clé.

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 10:07
Le Champ des Martyrs…

L’événement central

Un épisode raconté par Gabriel Boullard, concernant ces guerres de religions et s’étant déroulé à Gorron, a commencé à structurer mon récit. Je vous le livre ici en intégralité :

« En 1574, notre pays fut ravagé, au printemps, par les Huguenots venus de Domfront. Deux de leurs chefs les plus redoutés, les frères Le Héricé, Ambroise, dit le Balafré, et René, dit Pissot, dévastèrent la contrée. Ils livrèrent aux flammes, à Gorron, le faubourg et les moulins de la Colmont, faute de paiement d’une imposition de 600 livres. Le souvenir de ces malheurs semble s’être perpétué jusqu’à nos jours : une rue de Gorron, qui conduit précisément jusqu’aux moulins détruits, s’appelle la rue du ou de Pissot ; c’est le surnom d’un des chefs Calvinistes qui s’acharnèrent à amonceler des ruines, brûlant aussi des moulins voisins du Pontceau, près la Pierre-Pichard, et un couvent situé dans ce même quartier, appelé naguère encore quartier du Grand-Couvent ».

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 10:03
La Pierre Tournante…

La maison de Simonin

Simonin habitait derrière la mairie, rue de la Prison. Une petite maison, tout entourée de murs, du 17ème siècle, en plein centre ville. Un héritage de sa belle-famille. Le corps de logis faisait face à la grille ouvrant sur la rue, flanquée de deux piliers. La cour, un carré d’herbe bordé par une grange et un hangar à droite, l’ancien four à pain à gauche, n’était pas bien grande. Mais là était son charme.

Depuis qu’il était seul, le corps de logis servait très peu. Quelques rares réunions préparatoires au conseil municipal. La toilette, parfois, la cuisine, c’était tout. Il passait tout son temps dans l’ancien four à pain. Sur une plate-forme, accessible grâce à une échelle de meunier, il avait installé son lit. Une place, à l’armature de fer et au matelas plutôt raide.

Face au four qui lui servait de cheminée, il avait traîné son vaste bureau. Du cuir vert. Un bois fauve, marqueté, qui se mariait avec un grand secrétaire aux flancs bombés, placé à droite du bureau. Un fauteuil de cuir plus sombre, légèrement fatigué, faisait face au meuble coiffé d’un plateau de marbre sur lequel trônait une vieille pendule. Et de cette place privilégiée, il comparait les reflets changeants des flammes sur les bois ouvragés.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 10:11
La Pierre Tournante...

Une nouvelle histoire, entièrement inventée, mais qui se déroule sur le territoire de l’actuelle commune. Comme d’habitude, de courts paragraphes se succèderont, chaque semaine, sur les pages du blog. Bonne lecture ! JC.

Simonin…

Il porte un chapeau melon à bords étroits. Il le sait un peu ridicule et pourtant ne le quitte pratiquement jamais. Il est petit, maigrichon, myope. Et son nom est Simonin Guiochet. Il n’aime pas les gens et on le lui rend bien. Mais si, parfois, il leur fait du mal, ce n’est jamais prémédité.

Il sait qu’on se moque un peu de lui. Quand il était encore maître d’école, le savoir imposait un minimum de respect. Mais ses mains trop blanches et son amour des livres généraient quelques sourires dissimulés.

Il était aussi propriétaire. A temps plein depuis la disparition de sa femme, de son chien et de l’enfant. C’est sans doute pourquoi il était conseiller municipal depuis des années. Quand on lui proposa la fonction de Maire, il fut flatté. Il demanda à réfléchir tout en sachant qu’il avait déjà accepté.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 10:08
Le Champ des Martyrs…

Pour ceux qui pourraient être intéressés par la fabrication de romans ou de nouvelles historiques, je vais vous donner une idée de leur construction (en ce qui me concerne tout du moins). Actuellement, je travaille sur un roman : Le Champ des martyrs.

L’idée du roman.

Pour mes recherches sur l’histoire de Gorron, j’utilise très souvent les listes de recensement de la population (archives en ligne de la Mayenne). En 1866, apparaît le lieu-dit : Les Martyrs. J’ai mis un certains temps à situer ce lieu. Une carte postale m’a permis de le faire d’une manière certaine. Il s’agit du bas de la rue du Maine, au niveau du pont, juste avant les HLM de la Colmont. Le champ en question, on l’appelait, à mon époque : le Saut au Loup, à la sortie de l’ancienne piscine.

De quels martyrs s’agissait-il ? J’avais le choix étant données les multiples guerres et exactions s’étant déroulées au cours des siècles sur le territoire de l’actuelle commune. J’optai pour les guerres de religion au 16e siècle. Ce choix a été guidé par un épisode dramatique concernant précisément Gorron dont je vous reparlerai la semaine prochaine.

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 16:36
Le Taillis de la Mort…

Epilogue

Le lendemain, il se sentait toujours fatigué. Et un bizarre mal de gorge l’intriguait. Il testa sa voix mais ne la reconnut guère. Elle était comme voilée. Au cours de sa promenade matinale, le mal de gorge s’accentuait dès qu’il empruntait un sentier difficile. Il crut, en passant devant l’arbre creux et la cache comblée, que l’émotion contribuait au resserrement de la trachée. Son dernier texte avait été vraiment éprouvant à écrire. Il rentra à la maison persuadé qu’il avait tout simplement besoin d’une pause. Un repos dans la marche et l’écriture.

Le repos ne dura guère. Il y avait bien sûr la lecture, la musique, la rêverie. Mais, si le mal de gorge avait disparu, il sentait un manque qui commençait, finalement, à lui peser. Il reprit ses sorties. Il goûtait les nuances de la température, les éclairages changeants. L’évolution rapide des perspectives, les ruptures dans la végétation, les dénivellations étayaient toujours son intérêt. Mais il n’y eut plus de rencontre, d’émotion soudaine et, surtout, plus d’envie d’écriture.

Une fin d’après-midi grise et humide, d’un gris pesant, il rentra à la maison particulièrement fatigué. Il s’allongea, après s’être préparé un thé très fort et écouta une symphonie de Schubert. Habituellement, il retrouvait dans ces conditions un calme et une détente physique qui éloignaient la fatigue. Cette fois, il s’endormit lourdement.

Il se réveilla brutalement, en sueur, la gorge particulièrement serrée. Il sentait comme un poids sur sa nuque et ses épaules. Ses bras étaient sans force et légèrement cotonneux. Il entendit, tout à coup, des bruits étranges. Comme si l’on frottait des pierres sur les murs de sa maison. Il pensa au vieux Payot quand une réelle frayeur le saisit.

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 10:08
Le Taillis de la Mort…

La fin de l’aventure

« Il fallait fuir. Profiter du reste de la nuit pour m’éloigner de ce village où tous me recherchaient. Je ne fus pas surpris quand Claudine me chuchota doucement qu’elle allait retrouver Roger. Je partis avec sur mon visage la sensation d’une ultime et sage caresse tandis que des lèvres parfumées me murmuraient de ne pas avoir peur. »

Il était épuisé. La fatigue, il connaissait, après le besoin et l’impatience de l’écriture. Mais, cette fois, il se sentait vidé. L’ampoule, derrière la lampe verte, grésilla. Quand il voulut dater ce nouvel épisode, l’encre du stylo s’amenuisa. Il regardait, distrait, la ramette de papier bleu sérieusement diminuée.

Il n’eut pas le courage de se dévêtir et s’allongea doucement sur son lit. Il tenta de retrouver les silhouettes familières. Les étoffes bleutées étaient malmenées par un vent furieux. De temps en temps les visages apeurés de l’enfant, l’artiste, le vieil homme et la femme apparaissaient furtivement, rapidement masqués par le tissu claqué. Il crut, juste avant de s’endormir, apercevoir des bras immenses rassemblant les étoffes emmêlées.

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Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr

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