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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 09:05

 

Note de lecture

 

« Alain. Le premier intellectuel » (Thierry Leterre)

 

Dans ses remerciements, l’auteur évoque un « gros livre ». J’oserais dire un peu lourd, touffu. Ça se ressent jusque dans le style. Cela vient peut-être aussi de l’ampleur, de l’ambivalence du « grand homme ».

Alain peut paraître antipathique, imbu de sa personne, de son savoir. Ce qui l’amène, parfois, à faire jouer ses relations pour obtenir des postes d’enseignement prestigieux. Mais, en même temps, il peut prendre des positions politiques peu académiques et exercer une liberté plutôt nouvelle pour un homme de lettres. Pacifiste convaincu, il s’engage pourtant pendant la Première Guerre mondiale pour combattre « contre les autres ». Dénonçant l’antisémitisme, cela ne l’empêche pas, dans ses écrits privés, de se laisser aller à des propos plutôt nauséeux dans ce domaine.

L’auteur ne cache rien de ces ambivalences et c’est à mettre à son crédit. Mais on aurait aimé une analyse plus claire, plus synthétique de cette pensée complexe. Ce n’est pas fait ou, tout du moins, je ne l’ai pas perçue. Les positions prises par Alain, son refus du dogmatisme, la défense de la liberté pour chacun, sont noyées dans un ensemble parfois indigeste. Il en est de même pour ses positions philosophiques qui échappent souvent à un non spécialiste.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 16:08

Conseil municipal : 18 mai 2017.

 

Aménagement place de la Houssaie.

Quand il s’agit d’établir des priorités, il est difficile de contenter tout le monde. Soit. La place de la Houssaie (Houssaye), très ancienne place gorronnaise, a vu, dernièrement, l’implantation de containeurs enterrés, la coupe des arbres. Il s’agit maintenant de déplacer le kiosque. Pourquoi pas ? Ce qui me dérange c’est la priorité approuvée par le conseil, à l’unanimité, comme souvent : « un maximum de places de stationnement sur le site ». Qu’il manque de places de stationnement sur la ville, c’est possible. Mais qu’aucune voix n’ait pu évoquer la beauté du lieu comme autre principe à discuter me désole.

 

Temps d’Activités Périscolaire.

Harmoniser le dispositif entre les deux écoles publiques est une bonne chose. Je déplore cependant, ce qui n’a rien à voir avec la municipalité, le choix laissé aux communes par le pouvoir actuel. Sans aucune évaluation sérieuse, on revient sur un dispositif à peine installé. Le principe d’égalité est à nouveau bafoué entre les communes (il l’était déjà un peu car les TAP dépendaient des possibilités, ou de la bonne volonté, des municipalités). Sans compter l’originalité française qui entretient deux services d’enseignement concurrentiels. Que fera l’enseignement privé confessionnel à Gorron ?

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 09:08

 

« Une première pierre » (Pierre Jourde)

 

Si on était aussi sévère dans la critique que l’auteur, on pourrait l’accuser d’exploiter un filon éditorial : « Pays perdu 2 », comme ça se fait trop souvent pour les films à succès. Ce serait sans doute très injuste. On retrouve dans ce livre la même rigueur dans l’écriture. Le même talent.  Il n’en reste pas moins que le livre manque parfois d’unité.

La différence est grande entre la suite de l’incident entre certains habitants du village décrit par Jourde dans « Pays perdu », notamment le passage sur le procès, et les belles pages sur la « montade » et la « dévalade » du troupeau de vaches, dernière estive à laquelle l’auteur a participé. Le dernier chapitre gâche aussi un peu l’ensemble. On retombe au niveau d’un banal conflit avec des réactions, du ressentiment, peu glorieux.

Pierre Jourde parle de « fiction personnelle ». La réalité ne serait qu’une fiction, un ensemble de mots appartenant à chacun. Il a la chance d’avoir du talent et de faire de ses mots une œuvre d’art. Quand il y arrive, c’est une véritable joie pour le lecteur.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 09:24

 

Note de lecture

 

« Pays perdu » (Pierre Jourde)

 

Une galerie de portraits dans une population en voie d’extinction : les zones rurales de montagne se dépeuplent. Les traditions s’abîment dans un laisser-aller où dominent la crasse, la laideur et l’alcool. Les traits sont sans doute appuyés. Les cas réunis donnent parfois l’impression d’une caricature trop poussée. Mais, derrière le côté impitoyable des descriptions, on sent chez l’auteur une réelle tendresse pour ce milieu auquel il est attaché.

En quatrième de couverture, un critique parle de « livre puissant, une prose savante et belle ». Je crois que tout est dit en ce qui concerne la forme. La densité du texte, le travail sur la langue, l’analyse des personnages… tout concourt à faire de cet ouvrage une œuvre d’écrivain talentueux. Jourde est lui-même critique littéraire. Parfois féroce. Ce qu’il nous montre dans son livre c’est une légitimité incontestable à ce niveau. Quand on écrit comme cela, on peut se permettre d’émettre certaines réserves sur des collègues écrivains qui ne méritent pas tout à fait l’aura médiatique qui les entoure.

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 11:26

Réunions du conseil municipal

 

Jeudi 16/02/2017.

Pour avoir une idée de la simplicité des textes administratifs, allez jeter un coup d’œil sur la rubrique : « contrat de chaleur : avenant n° 3 ». Je pense qu’on pourrait en faire un sketch, notamment au niveau de la formule permettant la révision de l’élément R213.

Il peut être aussi intéressant de se plonger dans le plan d’aménagement et de développement durables (PADD) devant figurer dans le plan d’urbanisme intercommunal (PLU). Je félicite les conseillers municipaux qui ont étudié ce plan, ses 10 orientations et 23 points définis en 4 axes principaux. Je ne suis pas sûr que le compte-rendu du conseil municipal, reprenant intégralement ce plan, soit très judicieux et encourage les Gorronnais à le lire. J’aurais préféré une présentation plus détaillée du débat au sein du conseil avec des exemples précis.

Je retiendrai une position du conseil : « le domaine économique doit être premier dans les axes de développement » en réponse sans doute à un des objectifs du plan : « protection des espaces naturels agricoles et forestiers et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ». Il aurait sans doute été intéressant d’illustrer cette priorité, en admettant qu’il puisse y avoir, dans l’intercommunalité, une incompatibilité entre ces deux préoccupations.

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 11:55

« Verre cassé » (Alain Mabanckou)

 

Pas de point, uniquement des virgules : ça commençait mal. Et puis, très vite, le sentiment d’avoir affaire à un écrivain original. Sur la quatrième de couverture, on relève : « force métaphysique où le sublime se mêle au grotesque ». Oui, il y a de tout cela. Mais, plus simplement, je parlerais d’humour, de qualité d’écriture, de multiples références qui peuvent aller des chansons de Brassens à la littérature classique.

Pour accéder à cette dernière, il ne suffit pas de claironner qu’elle doit être enseignée tout au long du cursus scolaire, à tous les élèves, quel que soit leur milieu culturel de départ. Combien de ces élèves accèdent au plaisir de la lecture après avoir subi cet apprentissage forcé ? Combien d’entre eux entrent jeunes avec fascination dans ce monde souvent difficile d’accès en dehors des enfants aux aptitudes particulières qu’on retrouve ensuite au niveau agrégation et Ecole Normale Supérieure ? Les défenseurs d’un enseignement élitiste dans lequel ils ont réussi l’oublient trop souvent.

Alain Mabanckou est entré au Collège de France. Tant mieux. Des auteurs de ce type peuvent manifestement jouer un rôle important, sans doute plus que l’enseignement classique, pour permettre l’accès à la littérature au plus grand nombre.

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 16:01

 

« A l’orée du verger » (Tracy Chevalier)

 

Ça commence par un bon roman classique : une famille pittoresque américaine au début du 19e siècle. Sur fond de culture de pommes. Une construction originale avec des paragraphes réservés à la mère comme narratrice alternant avec ceux d’un narrateur extérieur. Le style est agréable. L’humour et le sordide se côtoient. Un bon mélange.

Puis, une rupture dans le récit avec une série de lettres : l’aventure d’un des membres de la famille dans l’ouest américain. On tombe alors dans quelque chose de plus banal, excepté les informations concernant les arbres et les échanges au niveau botanique entre l’ancien et le nouveau continent.

Les retrouvailles, à la fin, entre le frère et la sœur, ne permettent pas de faire le lien entre les deux parties. Ce qui m’a laissé un sentiment partagé pour ce roman un peu bancal dans sa construction.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 09:32

 

Le Front National à Gorron.

 

Au niveau national, on constate une montée constante du FN, même si celle-ci a été sensiblement contenue lors du second tour des élections présidentielles.

Présidentielles : 2007 : 142 voix (7, 86 %) ; 2012 : 239 voix (11,30 %) ; 2017 : 237 (15,70 %) voix puis 377 voix (28,41 %).

Européennes : 2009 : 29 voix (3, 78 %) ; 2014 : 140 voix (17, 39 %).

Régionales : 2010 : 63 voix (6, 8 %) ; 2015 : 144 voix (16, 35 %) puis 196 (19,66%).

Donc, comme au niveau national, le FN ne cesse de progresser, en voix et en pourcentage, quelles que soient les élections. Même dans une région où il n’est guère implanté par rapport au Nord/Est et au Sud/Est de la France, ce parti qui, à mon sens, représenterait un danger pour la France (sur le plan sociétal et sur le plan économique) s’il arrivait au pouvoir, séduit un nombre non négligeable d’électeurs. Nul ne sait ce que sera le quinquennat de Macron mais il vaudrait mieux qu’il améliore la situation sinon le pire (pour moi tout du moins) est à venir. Maintenant chacun est libre de son vote. Mais, si mes prévisions pessimistes s’avèrent exactes, il ne faudra pas que les électeurs du FN viennent se plaindre quand la catastrophe sera arrivée.

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 09:37

 

« Mes mauvaises pensées » (Nina Bouraoui)

 

Un texte, au premier abord, dense, compact. Pas de chapitre, pas de paragraphe… Et pourtant on y entre facilement et on se laisse bercer par une écriture fluide, poétique parfois.

Il est question d’une rencontre avec une « psy », de peurs, de phobies d’impulsion. Le discours peut donner l’impression d’une série d’associations libres comme on peut en trouver en psychanalyse. Mais, en réalité, le texte est très maîtrisé. On y reconnaît des thèmes portant sur la relation à l’Autre (famille, amies, amantes…), sur l’importance des lieux, des sensations. Mais aussi sur la relation à soi. Avec la peur des discordances internes, la quête d’identité chez une déracinée partagée entre l’Algérie natale et la France.

Nina Bouraoui parle d’elle mais, plus que dans les souvenirs qui s’entrecroisent, c’est l’écriture et ce qu’elle représente pour l’auteure qui est au centre du livre.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 11:46

 

« Un lieu à soi » (Virginia Woolf)

 

Des conférences sur la condition féminine traduite par Marie Darrieussecq. Un double gage de talents. L’humour, l’ironie de Wolf, m’ont agréablement surpris. Ce qui ne l’empêche pas, au contraire, de démontrer les mauvaises manières faites aux femmes par les hommes au cours des siècles. Et cela pas seulement dans le domaine de la littérature.

Symboliquement, mais aussi plus prosaïquement, Virginie Woolf fait l’hypothèse que si les femmes avaient pu avoir un lieu professionnel   pour écrire sans être dérangées et un revenu suffisant pour ne pas dépendre des hommes, elles se situeraient au même niveau qu’eux en matière littéraire. Au lieu de cela, elles ont toujours été assignées à des tâches, des fonctions, décrétées par ceux-là mêmes qui prétendent les juger quand elles se hissent à leur niveau dans le domaine de la production artistique.

 La démonstration est imparable. Dommage que les références littéraires, nécessairement datées, et le style un peu répétitif, peuvent rendre la lecture, à certains moments, pesante et difficile.

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Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr

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