Dans son ouvrage, André Bucher ne veut pas faire son autobiographie. Mais il parle tout de même de de lui et de son parcours. Il parle de son écriture mais refuse de s’inscrire dans une quelconque école. Il évoque son souci de l’écologie mais évite tout militantisme. La nature dans sa vie et son œuvre littéraire occupe une place centrale mais il n’a pas l’ambition de la décrire mais de la vivre. Il ne s’agit pas d’un essai littéraire mais on voit qu’il a beaucoup réfléchi sur la littérature. En bref, le titre résume bien l’ouvrage.
André Bucher se veut à l’écart des autres, de la société, tout en revendiquant toute sa place dans laquelle la relation aux autres est importante. Paradoxe ? Classé souvent dans la catégorie des écrivains paysans, souvent proche des auteurs américains « nature writting », il tient à prendre ses distances avec tous les classements tout en reconnaissant des préoccupations communes. Original par sa vie, son œuvre, il prétend ne pas vouloir se distinguer. Une recherche de vie authentique. C’est tout.
Après avoir suivi trois des familles gorronnaises les plus anciennes de Gorron (Ducoin, Bouillon, Béchet), il s’agira désormais de la famille Ernault/Bailleul.
5ème génération
Jean Ernault, boucher, et Marie Guihéry.
Ils se sont mariés le 28 avril 1806 à Gorron.
Leurs enfants : Jean (1807/ ?) ; Jeanne Marie (1809/ ) ; Clarisse (1811/113) ; Julien Alexandre (1814/1865) ; François (1816/ ) ; Firmin Pascal (1819/1821) ; Firmin Pascal (1821/ ) ;
Jeanne Marie est née le 13 décembre 1809 à Gorron. L’acte est signé par Bignon, maire. En présence de Julien Buchard, boulanger et Antoine Richard, journalier.
Elle se marie le 10 juin 1828 à Gorron avec Louis Laurens (Laurent) Valette, originaire des Vosges. L’acte est signé par le maire Ledauphin (Blinière).
Elle est décédée le 24 décembre 1875 à Ménil sur Belvitte dans les Vosges. Louis Valette serait retourné sur les lieux de sa naissance. Sur l’acte d’état civil il y a une erreur pour le nom de sa mère : Marie Pocard. Mais le mari de Jeanne Marie est bien Louis Laurent Valette décédé à Epinal.
Quand le narrateur commençait sa matinée de travail dans le pré au ruisseau, il attendait le chant du merle. Au début, il avait du mal à le repérer. Puis, progressivement, l’oiseau s’enhardissait. Selon le vieux paysan, s’il s’habituait à vous, le merle reviendrait régulièrement sur les lieux pendant des années. A condition, bien sûr, de ne pas le déranger, notamment au moment de la nidification.
Très vite, le narrateur repéra un couple qui, chaque année construisait son nid dans un des arbustes qui longeaient le ruisseau. Toujours le même, un saule argenté, à la fourche d’une branche à mi-hauteur. La femelle, qui ne quittait pas son nid, l’observait, la tête posée sur l’extérieur du nid pendant toute la couvaison.
Comme pour le rouge-gorge, on disait autrefois que le merle communiquait avec les morts. Et qu’il savait où se trouvait le passage entre le monde des morts et celui des vivants. Tant qu’on entendait son chant mélodieux, tout allait bien. La cohabitation entre les deux mondes était bonne. Mais si on n’entendait plus son chant, il fallait s’attendre à de sombres événements.
Une série de factures qui va permettre de retrouver des entreprises et artisanats gorronnais au début du 20ème siècle à partir du recensement de la population de 1911.
Boulenger – Fabrique de chaises.
Victor Boulenger est tourneur sur bois et fabrique, en plus des chaises, des roues de véhicules. Il est aussi vannier.
Originaire de Gorron, on le retrouve en 1911 recensé Grande Rue avec sa femme, Vitaline, originaire de Désertines et leur fille Marcelle. Il sera tué en 1916 à Verdun. Sa femme, Vitaline Landais, se remariera avec Auguste Halgan qui tient l’hôtel Notre Dame, Grand Rue.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962.
Recensement de 1962
N° 57 : Louis Fiquet, ouvrier d’usine et son épouse Marie Fourmond.
2ème génération (Georges Jouvin et Joséphine Détais). Fin.
Georges Jules décède à Mayenne (hôpital) le 27 octobre 1994.
Joséphine Hélène Marguerite décède le 1er mai 1996 à Gorron (maison de retraite).
La famille connaîtra les transformations économiques et sociales amorcées après la Seconde Guerre mondiale et qui s’accélèreront jusqu’au 21ème siècle. Elle s’installera à Gorron en 1947. Pendant quelques années, Georges sera artisan maçon puis reviendra à la condition ouvrière. Joséphine aura une activité de garde d’enfants avant sa retraite.
Gorron est une ville de 2321 habitants en 1946. L’agglomération a connu depuis le 19ème siècle des activités artisanales, commerçantes puis industrielles importantes pour ce qui aurait pu rester un gros bourg. Les fabriques de chaussures, par exemple, employaient beaucoup d’ouvriers à une époque.
Ci-dessus, le mariage de Georges et de Joséphine. Sous les points rouges, la génération précédente : Emile Jouvin et Marie Blin.
J’ai découvert cet écrivain paysan après Jean-Loup Trassard, le mayennais. Paysan, c’est sûr. Un des pionniers de l’agriculture bio en France. Mais, aussi sûr, écrivain original. Il n’est pas question pour lui de revenir sur les temps anciens de la paysannerie avec la nostalgie du « c’était mieux avant ». Dans un documentaire qui lui est consacré, il précise d’ailleurs qu’il n’écrit qu’en hiver quand le travail de la terre est moins intense.
Son écriture montre une richesse, une profondeur qui s’enracine dans une vie très riche au contact de la nature. On peut le rapprocher des grands écrivains américains du genre « nature writing ». Son style est original. Ses descriptions très fouillées. Parfois un peu trop pour moi. Les métaphores, les comparaisons me paraissent un peu forcées.
Mais, globalement, on peut être envoûté par ce roman dans lequel des personnages originaux se débattent dans une certaine violence et dureté s’inscrivant bien à la vie de moyenne montagne en hiver.
Après avoir suivi trois des familles gorronnaises les plus anciennes de Gorron (Ducoin, Bouillon, Béchet), il s’agira désormais de la famille Ernault/Bailleul.
5ème génération
Jean Ernault, boucher, et Marie Guihéry.
Ils se sont mariés le 28 avril 1806 à Gorron.
Leurs enfants : Jean (1807/ ?) ; Jeanne Marie (1809/ ) ; Clarisse (1811/113) ; Julien Alexandre (1814/1865) ; François (1816/ ) ; Firmin Pascal (1819/1821) ; Firmin Pascal (1821/ ) ;
Jean est né le 4 décembre 1807 à Gorron. L’acte est signé par Bignon. Le père est accompagné de Jean Ernault, boucher, grand-père et Julien Buchard, boulanger.
Il se marie le 10 mai 1830 avec Anne Marguerite Lesaulnier, fille de cabaretier. En présence notamment de Julien Garnier, maçon, oncle de l’époux et de Julien Lemonnier, tailleur d’habits, cousin de l’époux. L’acte est signe par Bignon.
Il décède le 27 octobre 1885. Il est alors propriétaire, rue Jean-Jacques Garnier. C’est Anselme Leconte, adjoint au maire qui signe l’acte. C’est Emile Herpin, sacriste, ami du défunt qui déclare le décès.
Au cours de l’entretien du ruisseau, un rouge-gorge s’approche fréquemment du narrateur. Habitué à la présence de l’homme, le petit oiseau s’enhardit de plus en plus. Et il peut rester des heures à quelques pas de lui.
Dans les traditions celtiques, le rouge-gorge est considéré comme un messager entre le monde des morts et celui des vivants. Dans le roman, quand il n’est pas près du narrateur, il est perché sur la Pierre Tournante. Et quand il chante, la tête tournée vers le ciel, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est bien à sa place sur le menhir. Ce monument mystérieux qui, lui aussi, à quelque chose à voir avec les disparus.
Pendant les périodes de froid, en hiver, la narrateur lui aménagera chaque jour, dans son propre abri, un endroit protégé où l’oiseau trouvera de la nourriture riche en énergie et un petit abreuvoir.
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