Résumé 27b
ADMINISTRATION
La population
Les premières données disponibles datent du 17èmesiècle. On enregistre une augmentation de la population jusqu’aux années 1880 (avec des irrégularités liées aux épidémies, famines, guerres… jusqu’à la Révolution) puis une progression générale grâce, notamment, aux progrès de l’hygiène et de la médecine. Au 19ème siècle l’agglomération gorronnaise attirent les habitants des campagnes. Puis l’agglomération elle-même perd des habitants au profit des villes qui connaissent une plus grande industrialisation.
Les voies de communication
Des chemins, plus ou moins praticables, relient progressivement l’agglomération à ses voisines dans les quatre grandes directions mais il n’y a pas de route importante avant le 19èmesiècle. Dans la ville elle-même, des rues étroites, sinueuses, s’organisent selon deux grands axes : nord/sud, de l’église et les halles vers la rivière et les moulins ; ouest/est, parallèlement à la rivière. Au 19èmesiècle, de nouvelles voies seront ouvertes, d’autres seront retracées et viendront renforcer le réseau ancien. Ce réseau n’évoluera plus, significativement, jusqu’au milieu du 20ème siècle.
La noblesse et le château
La présence d’un château est attestée à Gorron dès le 11èmesiècle. Les propriétaires successifs de ce château destiné à asseoir leur pouvoir, à défendre leur territoire et à protéger la population font partie de différentes familles nobles (anglaise, puis françaises). Les fortifications dépendantes de ce château ont connu plusieurs destructions et reconstructions. On en retrouve des traces à l’emplacement de l’ancien donjon, sur la parcelle dénommée « le Château » sur laquelle existe une tour plus récente reposant sur des fondations très anciennes. Le logis de la Renardière (dans l’enceinte de la maison de retraite actuelle) dépendait vraisemblablement du château. Celui-ci, en tant qu’habitation des seigneurs de Gorron, était déjà en ruines en 1404. Des maisons ont été construites sur l’emplacement de l’ancienne forteresse qui se situait vraisemblablement sur la parcelle actuelle « Le château » à la butte St Laurent.
L’administration de la châtellenie
Les familles nobles, propriétaires de la châtellenie, n’administraient pas directement la ville. Des gouverneurs au temps de la domination anglo-normande qui représentaient la maison royale d’Angleterre aux baillis à la tête de toute une circonscription administrative judiciaire et financière, des responsables directs de la justice, des finances, de la police... vivaient dans la ville.
Ces juristes, alliés aux riches familles commerçantes se développèrent, acquirent des terres, des immeubles, et leur pouvoir s’affirma lors de la Révolution. Ils supplantèrent alors les familles nobles et jouèrent un rôle fondamental dans la vie des communes comme celle de Gorron.
L’administration de la commune
La bourgeoisie d’ancien régime, active pendant la Révolution, assurera en grande partie l’administration de la ville au 19èmesiècle. Qu’ils soient élus ou désignés par les différents régimes politiques qui se sont succédé (royauté, empire, république…), on retrouvera les descendants de ces familles fortement représentés dans les fonctions de maires ou de conseillers municipaux.
L’évolution économique de Gorron, avec notamment l’apparition d’entrepreneurs, industriels (tannerie, chaussures, mécanique…) changera progressivement la composition des conseils et portera à leur tête les représentants de ces catégories socioprofessionnelles nouvelles et dynamiques. Les catégories (recensement de la population) : propriétaires puis propriétaires exploitants cèdent progressivement le pas à une représentation diversifiée des acteurs économiques de la commune.
L’Eglise
Nous avons vu le rôle important joué par la noblesse et son château dans l’administration de la ville de Gorron. Parallèlement, une autre institution joua, elle aussi, un rôle incontournable dans l’organisation de la ville : l’Eglise catholique.
On ne peut préciser l’origine du regroupement et de l’organisation d’une communauté catholique à Gorron. Sa présence en tant qu’assemblée de fidèles est attestée dès le 11ème siècle, au même titre que le château. En ce qui concerne l’édification d’édifice religieux sur la paroisse, on peut faire état d’un couvent (vers la Pierre Pichard), d’une église (vraisemblablement proche de l’église actuelle), au 16èmesiècle, et de trois chapelles (St Etienne, St Laurent, le Bignon) plusieurs fois détruites et réédifiées. Seule la chapelle du Bignon (reconstruite en 1860) existe encore actuellement.
L’administration de l’église : la Fabrique.
Les biens de l’église, dans une ville comme Gorron, étaient assez importants. Au-delà des revenus réguliers (dîmes, casuel), les dons, legs, fondations étaient nombreux. Ces biens étaient administrés par un procureur, à la tête d’un conseil de paroissiens : la Fabrique.
Nous retrouvons, dans cette fonction, les représentants des familles de juristes qui géraient aussi les biens de la noblesse et qui administreront la commune après la Révolution.
Les prêtres à titre personnel, la Fabrique en tant que telle eurent un rôle important dans des secteurs comme l’aide aux pauvres, l’enseignement et les soins aux malades. Après la Révolution, l’Eglise tenta de maintenir son influence tout au long du 19èmesiècle mais les institutions publiques réduisirent significativement cette influence.
L’enseignement
Les premiers documents faisant état d’écoles à Gorron datent du 15ème siècle (1494). Jusqu’à la Révolution, des activités d’enseignement sont régulièrement attestées dans la paroisse. Elles se situent vraisemblablement sur le domaine de la Renardière (actuelle maison de retraite) et sont assurées dans des locaux le plus souvent légués par des prêtres ou des nobles. A partir du milieu du 18ème siècle, l’enseignement pour les filles est dispensé par des religieuses (sœurs de la Chapelle au Riboult). Celui pour les garçons est dispensé par des maîtres d’écoles laïcs.
Après la révolution les écoles deviendront communales. L’école des filles et la maternelle resteront près de la Butte St Laurent. Celle des garçons se situera d’abord sur l’actuelle propriété, 21 boulevard Faverie, puis rue de Normandie (école primaire publique actuelle). Après les grandes lois sur l’enseignement public, laïque, gratuit et obligatoire des années 1880, un enseignement privé confessionnel, concurrent du système public, sera créé, près de l’église, dans les locaux actuels (collège et écoles).
La santé
Comme pour l’enseignement, des documents font état de l’existence d’une léproserie à Gorron dès le 15ème siècle. Elle se situait du côté de la Pierre Pichard actuelle. Au 18ème siècle, sur le domaine de la Renardière (proche de la Pierre Pichard), les religieuses assuraient aussi le soin et le soulagement des pauvres malades. Cette activité se poursuivit dans la création d’un hospice en 1822. Ce sont toujours des religieuses qui dispenseront des soins ambulatoires dans la clinique créée en 1900, rue de Normandie.
Dans cette clinique exerceront aussi des médecins libéraux. Des activités relevant du domaine de la santé (anciens chirurgiens, médecins, pharmaciens, sages-femmes…) se retrouvent dans les listes de recensement de la population dès le 19ème siècle. En général, deux médecins et deux pharmaciens exercent à Gorron tout au long du 19ème et du 20ème siècle.
La justice, la police
Avant la Révolution, la justice et la police dépendaient du seigneur de Gorron, représenté par un bailli. Les jugements, les condamnations et l’exécution des peines se faisaient donc dans la ville elle-même, quelle que fut la gravité des crimes et des délits.
La Révolution a remplacé la justice et la police seigneuriales par des institutions nationales. Des brigades de gendarmerie ont été installées dans chaque canton. Une caserne de cinq gendarmes est donc implantée à Gorron depuis cette époque. Elle s’est d’abord située dans l’actuel presbytère puis, rue de la Montée, puis rue Corbeau-Paris.
Parallèlement, une justice de paix (juge de paix, greffier de paix, huissier de paix) justice de proximité chargée des petits conflits, s’est exercée dans la ville jusqu’au milieu du 20ème siècle
L’aide sociale
Avant la Révolution, l’aide aux pauvres appelés souvent indigents venait de l’Eglise et de familles fortunées. Cette aide, basée sur la charité, a perduré après la Révolution. Mais, progressivement, dès l’an V (1796/1797) avec les bureaux de bienfaisances, elle a commencé à s’institutionnaliser. Communale d’abord puis s’élargissant au niveau national, elle a abouti à la Sécurité Sociale après la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, des sociétés d’entraide ont vu le jour à l’initiative des citoyens eux-mêmes. C’est ainsi qu’à Gorron, dès la seconde moitié du 19ème siècle, ont été crées plusieurs sociétés de secours mutuels. La plus ancienne étant celle des Sapeurs Pompiers, fondée en 1861.
Les drames
La population gorronnaise a connu, au cours des siècles, des drames liés aux calamités naturelles, aux épidémies, aux disettes, voire famines… Mais ce sont surtout les guerres qui par leurs nombreuses dévastations ont pesé sur elle. Invasions (Germains/Bretons/Normands…), guerres seigneuriales (nombreux conflits entre Bretons/Normands/Anglais/Français au cours du XIIème siècle ; Guerre de Cent ans entre Anglais et Français aux XIVème et XVème siècles ; Guerres de religion et trouble de la Ligue au XVIème siècle….), et conflits internationaux (guerre contre la Prusse en 1870, contre l’Allemagne en 1914/18). Si cette dernière ne s’est pas déroulée sur le territoire de la commune, la population fut cependant très éprouvée par le nombre de Gorronnais ayant trouvé la mort au cours de ce conflit (127, dans une tranche d’âge de 18 à 40 ans).
Les fêtes, les loisirs
En dehors des activités de loisirs privées, la population gorronnaise organisait des fêtes collectives puis, progressivement, des associations proposèrent, notamment aux enfants, des loisirs qui se développèrent particulièrement au début du 20èmesiècle. Ces fêtes étaient liées à ce qui structurait la vie quotidienne : l’économie et la religion. Quatre foires annuelles étaient l’occasion de réjouissances : une seule perdurera, la Foire Fleurie (le dimanche et le mercredi précédant les Rameaux). La Fête Dieu mobilisait aussi toute la population pour la décoration des rues et la création de reposoirs dans les quartiers.
Au milieu du 19èmesiècle, le comice agricole devint progressivement un moment festif très important, accompagné de divertissements divers (courses cyclistes, feux d’artifice, fêtes des fleurs…). Des associations se développèrent par la suite comme la Jeanne d’Arc puis l’Amicale Laïque. Elles offrirent de nombreuses activités dans les domaines sportifs, musicaux, théâtral…
