La fête des mères est reprise par l’Etat français de Vichy pendant l’occupation allemande. Le pouvoir d’alors voulait valoriser la famille traditionnelle, la maternité dans le cadre de sa devise : travail, famille patrie. Pour cela, les mairies et les écoles devaient organiser des cérémonies officielles.
A Gorron, le maire, contrairement au curé « tient à réserver à cette fête un caractère de simplicité ». Ce dernier le regrette. Il parle de « désordre moral autant que matériel ». Il évoque le Maréchal « qui a grandement raison » de donner un grand éclat à cette fête et au « relèvement de la France ».
Le curé écrit au maire pour lui faire connaître son avis « absolument contraire » et l’organisation d’une séance au cours de laquelle « les bonnes mères de famille seront félicitées et encouragées », obéissant ainsi « aux désirs de mon évêque ».
On voit ici où se situait politiquement la cure à l’époque.
Dès les premiers mois de la guerre 1914/1918, les tribunaux militaires ont condamné à mort des soldats pour des motifs divers comme l’abandon de poste, le refus d’obéissance ou les mutilations volontaires. Ces exécutions devaient servir d’exemple selon la discipline militaire.
En décembre 1914, une affaire commence à être connue. Six soldats sont accusés d’abandon de poste et condamnés à mort. Ce qui, par la suite, a été considéré comme un repli justifié face à une violente attaque de l’ennemi et non un abandon de poste.
Dans le roman, la famille est scandalisée par ce genre de jugement. Non seulement les chefs militaires envoyaient sans difficulté des milliers de soldats à la mort dans les combats mais appliquaient une discipline absurde et injuste.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962.
Recensement de 1962
Rue Jean-Jacques Garnier
N° 33/35 : Jean Perron, ouvrier d’usine, Germaine Bouillon, ouvrière d’usine et leurs enfants Jean-Claude, Joël, Gérard.
7ème génération (René Jouvin et Anne Perrine Anjuère puis Marie Loiseau).
René se remarie le 27 avril 1780 à Montenay avec Marie Loiseau originaire de Châtillon.
Il a 45 ans et elle 31 ans. Il a 4 enfants vivants : Guillaume 20 ans, René, 15 ans, Julien 13 ans, Jean 6 ans. Apparemment, le nouveau couple n’aura pas d’enfants.
Il meurt à 51 ans le 4 avril 1786 à la Péconnière à Montenay. Ses enfants Guillaume, René et Julien sont présents lors de l’inhumation.
Nous ne connaissons pas la date de décès de Marie Loiseau.
René a passé toute sa vie à Montenay. Il fait partie de la classe sociale la plus pauvre de la campagne française mise à part celle des vagabonds et des mendiants, comme ses parents et ses ancêtres. Il connaîtra deux rois : Louis XV et Louis XVI.
Les listes sont enfin publiées à Gorron. Il y en aura deux. C’est une bonne chose.
Mais il y a, tout de même, quelques bizarreries.
Au niveau de la liste « Un nouvel avenir pour Gorron »
Aucun soutien officiel du maire sortant à son adjoint candidat au poste de maire.
Un envoi par la poste ne concernant qu’une partie des Gorronnais puis une mise en cause de la poste un peu confuse.
Une candidature (en troisième position) invalidée. Au 19ème siècle, Ledauphin-Blinière savait, lui, qu’il fallait habiter la commune pour être candidat. Il avait loué un local à Gorron, habitant le château du Bailleul en Hercé…
Au niveau de la liste « Gorron Unis »
Une fusion de deux listes dont l’une n’est apparue nulle part.
Le seul ayant construit une vraie campagne avec distribution régulière de documents programmatiques n’est pas à la tête de la liste.
Ceci étant dit il nous reste à comparer la composition des deux listes et leur programme pour faire un choix.
En ce qui concerne les catégories socio professionnelle (classification de 2023) : en sachant que les intitulés des métiers des candidats sont parfois peu clairs.
CSP
Un nouvel avenir pour Gorron
Gorron Unis
Agriculteurs exploitants
Artisans commerçants
Chefs d’entreprises
4
3
Cadres et professions intellectuelles supérieures
3
2
Professions intermédiaires
7
2
Employés
4
Ouvriers
Retraités
6
8
Sans activité professionnelle
1
On peut constater l’absence d’agriculteurs et d’ouvriers sur les deux listes. Pour le reste, Pas de différence notable (la différence entre « professions intermédiaires » et « employés » est parfois peu claire).
Après avoir suivi trois des familles gorronnaises les plus anciennes de Gorron (Ducoin, Bouillon, Béchet), il s’agira désormais de la famille Ernault/Bailleul.
8ème génération
Julien Ernault/Marie Miclard mariésle 10 février 1693 à Lesbois.
Les enfants : Louis 1693 ; Jean (1696/1766) ; Pierre (1698/1731) ; Renée (1701/1739) ; Guillaume (1704/1761).
Louis épouse Nicole Gaultier le 29 avril 1727 à Gorron. L’acte est signé par le vicaire Herou.
Jean serait né le 9 février 1696 à Gorron. Mais on ne retrouve pas l’acte de naissance dans les actes paroissiaux.
Il se marie en premières noces le 2 juin 1729 à Gorron avec Anne Foubert qui meurt en 1751.
Il se remarie le 21 octobre 1751 à Gorron avec Renée Leray.
A la suite de la création d’un club de football dont il a été question sur le blog il y a peu, la municipalité de Gorron, en 1941, élabore un projet de création d’un terrain de sports et demande une subvention à la Préfecture.
Ce projet est à l’origine des complexes sportifs (Lucien Dollé et Maurice Dufour) actuels, situés route de Brecé. A l’époque, il n’existait pas de terrain sportif, notamment pour les élèves des écoles. Ils pourront donc utiliser ce terrain ainsi que les joueurs de football (une cinquantaine de jeunes gens de 14 à 25 ans).
La réalisation de ce terrain (ainsi que de la piscine) a donc commencé pendant l’occupation. On dit souvent que ce sont des prisonniers allemands qui ont réalisé le complexe sportif. Ils y ont sans doute contribué après la Libération mais les travaux ont commencé bien avant.
Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Cette guerre qui avec ses millions de morts et blessés deviendra générale au niveau mondial marquera profondément la France. Il suffit de voir les monuments aux morts dans chaque village pour se faire une idée de l’hécatombe ayant touché les jeunes hommes.
A Gorron, le tocsin annonçant la guerre a été sonné en frappant le bourdon avec une barre de fer, fêlant la cloche. Le premier Gorronnais meurt 7 août 1914. Ensuite, régulièrement, le maire et le brigadier de gendarmerie viennent dans les maisons annoncer la mort d’un père, d’un frère…
127 Gorronnais mourront pendant les quatre années de guerre. Dans le roman, la famille connaîtra le deuil comme beaucoup d’autres et l’absence des hommes souffrant dans les tranchées.
:
Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par
courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr