Monumental. Certains auteurs américains ont le don de produire des romans foisonnants qui laissent sans voix devant autant de travail et de talent. Louise Erdrich est une de ces écrivaines reconnues internationalement. En ce qui me concerne, je suis parfois submergé par autant de thèmes et de personnages.
En arrière-plan, comme souvent, les peuples originaires amérindiens exterminés par les colons américains ont toute leur place. Mais, cette fois, on voit aussi la mort de Georges Floyd suivie par les émeutes, la pandémie du COVID… Sans compter le fantôme d’une femme qui visite régulièrement la narratrice. Avec un lieu central : une librairie indépendante dans laquelle elle travaille…
Cela fait beaucoup. Mais le talent de l’autrice lui permet de maîtriser toutes ces lignes narratives avec une langue riche (trop parfois pour moi) dans laquelle l’humour et l’autodérision sont souvent présents. Le livre se termine par une longue liste de livres que l’héroïne aime. Il faut dire que Louise Erdrich elle-même est libraire.
Les articles de Ouest-France qui nourrissent ces échanges nous apprennent pas mal de choses intéressantes. Malheureusement, souvent, les illustrations ne sont pas de bonne qualité. Sur les deux photos ci-dessus et ci-dessous, j’ai reconnu mon frère aîné et j’ai cru reconnaître d’autres personnes. Si vous en connaissez d’autres, je suis preneur.
La première correspond à l’équipe de football de Gorron en 1953 (saison exceptionnelle au cours de laquelle le FCG monta en division régionale d’honneur). La seconde, le conseil de révision de la classe 1956 (jeunes gens nés en 1936 autour du Maire Maurice Dufour).
Georges Jouvin ; Gaston Blot ; Marolleau ; Me Garnier (Président).
Le titre du prochain roman sera vraisemblablement : « Un soldat sans qualités ».
Le personnage principal sera un soldat gorronnais pris dans la débâcle de mai 1940 qui tentera de survivre pendant l’Occupation.
La délation pendant la Seconde Guerre mondiale
Après la libération de la France, des millions de lettres de dénonciation envoyées à l’occupant ou au régime de Vichy ont été retrouvées. Souvent anonymes, elles étaient dirigées contre les résistants, les juifs, les communistes, les francs-maçons… Elles pouvaient être motivées par des prises de positions idéologiques, politiques mais aussi par des motivations plus personnelles : règlement de comptes dans des affaires privées, bénéfices matériels… Les personnes dénoncées pouvant être arrêtées voire déportées, on espérait s’emparer de leurs biens. Sans écarter les manifestations perverses : plaisir de nuire anonymement.
Au lendemain de la Libération, les dénonciations, cette fois en sens inverse, concernant les collaborateurs, ont aussi existé. Même si l’on peut comprendre les désirs de vengeance, le phénomène montre, là aussi, que la perversité est toujours présente, quel que soit le contexte.
Dans le roman, on verra des personnes « bien sous tout rapport » participer à des scènes violentes et humiliantes envers des collaboratrices supposées avoir eu des relations sexuelles avec les occupants allemands.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale…
Le journal de Gabrielle Boullard (épouse Daniel)
1954
Maison natale de J.J. Garnier
La musique a toujours été à l’honneur dans notre ville. Je me souviens de la fanfare, de la chorale, de l’orchestre Sainte Cécile de la Jeanne d’Arc sous la direction du curé Chaudet. Depuis quelque temps, des musiciens se réunissent régulièrement. Ils ont créé le Cercle musical avec comme chef d’orchestre M. Bar, ancien instituteur et M. Béchet, imprimeur, comme organisateur. Une vingtaine de participants qui se sont lancés dans l’organisation d’un grand spectacle musical : l’Arlésienne. Ce fut une grande réussite avec plusieurs présentations à la salle d’honneur de la mairie.
L’année a aussi été marquée par un événement moins drôle. Un véritable ouragan a traversé la commune. En 10 minutes plusieurs plantions ont été ravagées. De vieilles maisons ont été endommagées. Notamment celle où est né un homme de lettres natif de Gorron qui a connu une grande carrière au niveau national : Jean-Jacques Garnier. Une de nos rues porte son nom alors qu’on le connait à peine. La maison s’est écroulée par la suite.
Un fait divers m’a particulièrement marquée. Une jeune bonne a disparu de chez ses employeurs. On ne l’a retrouvée, noyée, que deux mois et demi plus tard. Qu’est-ce qui a pu la pousser à ce possible suicide ? Ces jeunes filles placées ont parfois des conditions de vie difficiles.
La photo ci-contre a été prise devant un débit de boisson (Labbé débitant). Certains personnages sont mis en scène. Une femme en tablier, à gauche sert du vin aux deux hommes qui l’encadrent. Un homme tient ce qui ressemble à une bouteille d’eau de seltz. Au premier plan, trois hommes : l’un, un verre à ses pieds semble manger avec un couteau ; un autre, assis, sert un verre à un troisième.
La carte postale ci-dessous nous permet de situer l’établissement (Epicerie LABBE débitant), rue du Bignon. Nous retrouvons sur les listes de recensement de 1906 jusqu’à 1926 les propriétaires : Il s’agit de Joseph Labbé, recensé comme épicier, et de son épouse Marie Lepéculier.
On peut penser que la femme au tablier, à gauche, est Marie Lepéculier et l’homme assis en bas à droite Joseph Labbé.
A partir du recensement de la population de 1975, en ne retenant que les adultes natifs de Gorron, j’essaie de retrouver les plus anciennes familles gorronnaises. On s’aperçoit assez vite que la population est sans doute beaucoup plus mobile qu’on ne pourrait le penser dans les siècles passés.
1975
Rue du Maine
Suzanne Milard (épouse Bizeul, menuisier), née le 22/08/1914.
Grâce à Claude, nous apprenons que : Jean Milard s’est marié à Carelles et non à Gorron le 27/02/1783 avec Marie Le Boulanger.
Jean Milard est originaire d’Hercé, Marie Le Boulanger est originaire de Colombiers.
La lignée s’arrête donc à la cinquième génération.
Récapitulatif partiel
5 générations
Romagné
Menuisiers - cordonniers
Morin
Menuisiers - mécaniciens
Herpin Léon Deniau
Sacristain – cirier – notaire - charpentier
Chemin
Cultivateurs
Bailleul Ernault
Bouchers
Delangle - Boittin
Carrier – ouvrière chaussures -Cultivateurs
Pottier - Gendron
Secrétaire – négociant en salaison - tanneurs
Rousseau - Romagné
Vendeur de meubles – entrepreneur en scierie – cordonnier - menuisier
Beaugé
Menuisier – charpentier - tisserand
Bizeul - Milard
Menuisier – cordonnier – tambour de ville - charpentier
Récapitulatif
Sur 956 personnes retenues, 180 sont originaires de Gorron. Sur ces 180, 66 s’inscrivent dans une lignée de plus d’une génération.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962.
Recensement de 1962
Rue de Bretagne (côté pairs)
N° 48 : Jean Bourdon, vernisseur et son épouse Louise Vaugeois, ouvrière d’usine.
La procureure de la République a été sévère lors du procès concernant le maire de Gorron : cinq ans d’inéligibilité, dix mois de prison avec sursis… Le jugement sera rendu courant mai. En attendant, les commentaires vont bon train. Chacun peut avoir son avis, c’est normal. Mais l’ennui, c’est que ces avis reposent souvent sur l’image qu’on peut avoir du maire et de ses opposants qui ont déclenché les poursuites.
Peu importe ce qu’on peut penser des uns et des autres, seuls devraient compter les faits. Et c’est le rôle de la justice de les qualifier et éventuellement de les sanctionner. J’en resterai là et attendrai le jugement avant de prendre position. En revanche, je n’ai pas aimé la charge du maire contre son ancien secrétaire de mairie.
Il est normal et humain de se défendre. Mais un « chef » doit assumer ses responsabilités. Je regrette que dans bien de domaines tout repose sur la hiérarchie avec au sommet un « chef » tout puissant. Je préfère de très loin des organisations horizontales reposant sur la coopération. Mais quand elle n’existe pas, le « chef » se doit d’être responsable.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale…
Le journal de Gabrielle Boullard (épouse Daniel)
1953
Malgré le drame de l’année dernière, la piscine est remise en fonction. Un maître-nageur a été recruté par la municipalité. Faire en sorte que les petits Gorronnais apprennent très tôt à nager pourra peut-être éviter d’autres drames.
Nous avons connu, cette année, des événements festifs bienvenus dans la ville : des milliers de visiteurs sont venus pour la Foire-Fleurie au cours de laquelle les jeunes gens se rencontrent et, pourquoi pas, envisagent de construire une famille ; les courses hippiques prennent de plus en plus d’importance et se prolongent par un gala de variétés ; le Football Club Gorronnais (FCG) fait un beau parcours en coupe de l’Ouest. Les matchs réunissent de nombreux Gorronnais sur le stade Lucien Dollé qui, désormais, comporte une buvette.
Malheureusement, on ne peut éviter les moments dramatiques : un sapeur-pompier est décédé en se rendant, à l’appel de la sirène, sur les lieux d’un sinistre. La compagnie de sapeurs-pompiers sera ensuite réorganisée.
Le titre du prochain roman sera vraisemblablement : « Un soldat sans qualités ».
Le personnage principal sera un soldat gorronnais pris dans la débâcle de mai 1940 qui tentera de survivre pendant l’Occupation.
Les maquis pendant la Seconde Guerre mondiale
En fin 1942 et début 1943, des résistants à l’occupation nazie se regroupent pour combattre l’occupant les armes à la main. Généralement, ils établissent des campements permanents dans des forêts. Parmi eux, on retrouve des réfractaires au Service du Travail Obligatoire.
Ces maquis doivent être ravitaillés en nourriture et en armes. La nourriture, on se la procure dans les fermes avoisinantes ; les armes sont prises aux Allemands puis, plus tard, parachutées en provenance de la Grande Bretagne qui, avec les Alliés, continue la guerre contre les Nazis.
Les résistants sont présentés comme des terroristes, des criminels, par l’Etat français de Pétain et sont pourchassés, notamment par la milice et la police françaises. Sans compter l’armée allemande qui lancent parfois de grandes attaques.
Il pouvait arriver que certains maquisards se laissent aller à des réquisitions plus ou moins bien acceptées. Dans le roman, un de ceux-là se conduit comme un véritable bandit et est chassé de son maquis.
:
Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par
courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr