Le titre du prochain roman sera vraisemblablement : « Un soldat sans qualités ».
Le personnage principal sera un soldat gorronnais pris dans la débâcle de mai 1940 qui tentera de survivre pendant l’Occupation.
L’épuration
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Lors de la libération du territoire français, le ressentiment, la vengeance contre les collaborateurs entraînèrent des exactions qui purent aller des humiliations aux exécutions. Tout ceci en dehors de tout jugement.
Des femmes, notamment, accusées d’avoir eu des relations avec des Allemands, ont pu avoir la tête tondue avec des croix gammées peintes sur le crâne. On allait même parfois jusqu’à les déshabiller et les promener au milieu de la foule.
Cette justice expéditive permettait tous les excès sans se soucier des accusations injustifiées. Par contre, devant les tribunaux à nouveau installés, certains collaborateurs avérés ont été protégés. Une période troublée qui a pu durer quelques mois.
Dans le roman, deux femmes, une mère et sa fille subirent des exactions de la part de personnes qui, elles-mêmes, n’avaient pas été très exemplaires.
Classe 1944
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Dans un nouvel article de Ouest-France de 1954 (transmis par Claude), il était question des conscrits de 1944 (nés en 1924) qui ont fêté leurs trente ans. Dépôt de gerbe aux monuments aux morts, visite au cimetière sur la tombe de leur conscrit Maurice Bouillon*, vin d’honneur et banquet, le soir à l’hôtel du Pigeon Blanc.
Nous avons retrouvé la photo originale avec les noms des présents :
De gauche à droite, Rémi Romagné, René Morin ; Yves Bodin, Michel Béchet, Cyrille Brière, Pierre Monnier, Maurice Dufour, Maurice Charlot, Michel Boulay, Raymond Drolon, Rémi Betton, Maurice (?) Bahier.
Maurice Bouillon, cultivateur, est mort à 22 ans en 1946 à Mayenne.
L’enseignement privé catholique
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L’ensemble scolaire de Gorron, Catherine d’Alexandrie, a mis une cagnotte en ligne pour financer des travaux de rénovation. Plutôt surprenant si on ne replace pas l’information dans son contexte. L’enseignement catholique est subventionné partiellement par l’Etat (75%) : paiement des maîtres, frais de fonctionnement mais pas des locaux.
Je ne suis pas pour le monopole de l’Etat en matière d’enseignement et l’Eglise peut bien créer son propre système éducatif. Mais, au risque de passer pour un vieux laïcard, j’ai toujours pensé que l’argent public devrait être réservé à l’enseignement public. Ci-joint la réponse du maire de Gorron en 1912 quand a été créée l’école catholique de garçons. Elle me paraît pertinente.
On a créé, au contraire, un système hybride qui pose problème. L’enseignement catholique n’est pas soumis à la carte scolaire, il peut trier les élèves qu’il accueille, contrairement à l’enseignement public, entrant ainsi en concurrence avec lui. Une concurrence déloyale comme disent les agriculteurs dans leur domaine. D’autant plus qu’un rapport de l’Assemblée nationale montre que l’Etat ne contrôle pas l’enseignement privés sous contrat qu’il finance…
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale…
Le journal de Gabrielle Boullard (épouse Daniel)
1955
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Dix ans après la guerre, la vie a définitivement repris dans le pays. La population revendique, s’organise…
A Gorron 300 personnes ont participé à une réunion d’information sur l’Union de défense des commerçants et artisans. Cette Union, sous la direction de Pierre Poujade, prétend défendre les « petits » contre les « gros », contre l’Etat et ses contrôleurs, les médias et les intellectuels… Un mouvement politique qui commence à prendre de l’ampleur.
Toujours à Gorron, la Jeunesse Agricole Catholique a organisé sa « journée rurale » qui a connu à un grand succès. Les jeunes agriculteurs font oublier les restrictions de la guerre en développant la production agricole grâce aux coopératives, aux mutuelles…
La ville elle-même change : les chaussées, les trottoirs, les caniveaux vont être rénovés. La commune a acquis les vieux bâtiments de la gare pour héberger la compagnie des sapeurs-pompiers.
On a vraiment l’impression que la société change. Je commence à me sentir un peu dépassée.
La noyée de la Colmont
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Dans le livre de Gisèle Lemercier « Chroniques du canton de Gorron et de la région mayennaise…), on apprend qu’en 1954 une jeune bonne de Gorron a disparu puis a été retrouvée noyée six semaines plus tard dans la Colmont. Claude Guihéry a retrouvé l’article de Ouest-France relatant cette affaire.
Si je n’avais moi-même déjà écrit un roman (Rosalie, trente ans domestique à Gorron) qui paraîtra dans deux ans, cette information aurait servi de départ à ce livre. Au-delà de l’objectif de mon blog de connaître l’histoire de Gorron et de sa population, j’aime faire revivre des personnages humbles et totalement oubliés. Par exemple cette jeune fille.
Elle s’appelait Léone Guyard et était employée chez Derenne, boulanger. A partir de cette seule information, je vais essayer d’en savoir plus sur cette pauvre noyée. Donc Je fais appel aux visiteurs du blog qui pourraient avoir des informations sur cette affaire.
A partir du recensement de la population de 1975, en ne retenant que les adultes natifs de Gorron, j’essaie de retrouver les plus anciennes familles gorronnaises. On s’aperçoit assez vite que la population est sans doute beaucoup plus mobile qu’on ne pourrait le penser dans les siècles passés.
1975
Lotissement de la Colmont
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Jean-Paul Besnier, ouvrier maçon, né le 04/12/1948.
Jacqueline Bouillon, née le 22/10/1950.
Jacqueline Bouillon est la fille de Constant Bouillon, né le 06/08/1921 à Gorron, ouvrier maçon et de Marie-Thérèse Bréhin.
Constant Bouillon est le fils de Marie Jean Bouillon et de Clémentine Danjou.
Nous retrouvons une lignée déjà suivie sur le blog qui remonte jusqu’à 1724 : Jacqueline Bouillon/Jean-Paul Besnier ; Constant Bouillon/Marie-Thérèse Bréhin ; Marie Bouillon/Clementine Danjou ; Constant Bouillon/Hortense Rousseau ; Ambroise Bouillon /Anne Boulière ; François Bouillon/Anne Derieux ; Jean Bouillon/Renée Volcler ; Jean Bouillon Jeanne Geslin.
Soit 8 générations.
Récapitulatif
Sur 964 personnes retenues, 182 sont originaires de Gorron. Sur ces 182, 68 s’inscrivent dans une lignée de plus d’une génération.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962.
Recensement de 1962
Rue de Bretagne (côté pairs)
N° 50 : Julien Troussier, ouvrier d’usine, son épouse, Anna Derouet, journalière laveuse.
Note de lecture
« La sentence » (Louise Erdrich)
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Monumental. Certains auteurs américains ont le don de produire des romans foisonnants qui laissent sans voix devant autant de travail et de talent. Louise Erdrich est une de ces écrivaines reconnues internationalement. En ce qui me concerne, je suis parfois submergé par autant de thèmes et de personnages.
En arrière-plan, comme souvent, les peuples originaires amérindiens exterminés par les colons américains ont toute leur place. Mais, cette fois, on voit aussi la mort de Georges Floyd suivie par les émeutes, la pandémie du COVID… Sans compter le fantôme d’une femme qui visite régulièrement la narratrice. Avec un lieu central : une librairie indépendante dans laquelle elle travaille…
Cela fait beaucoup. Mais le talent de l’autrice lui permet de maîtriser toutes ces lignes narratives avec une langue riche (trop parfois pour moi) dans laquelle l’humour et l’autodérision sont souvent présents. Le livre se termine par une longue liste de livres que l’héroïne aime. Il faut dire que Louise Erdrich elle-même est libraire.
Les articles de Ouest-France qui nourrissent ces échanges nous apprennent pas mal de choses intéressantes. Malheureusement, souvent, les illustrations ne sont pas de bonne qualité. Sur les deux photos ci-dessus et ci-dessous, j’ai reconnu mon frère aîné et j’ai cru reconnaître d’autres personnes. Si vous en connaissez d’autres, je suis preneur.
La première correspond à l’équipe de football de Gorron en 1953 (saison exceptionnelle au cours de laquelle le FCG monta en division régionale d’honneur). La seconde, le conseil de révision de la classe 1956 (jeunes gens nés en 1936 autour du Maire Maurice Dufour).
Georges Jouvin ; Gaston Blot ; Marolleau ; Me Garnier (Président).
Georges Jouvin ; Chénel ; Courtin.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr