Les impôts à Gorron avant la Révolution
La taille
Principal impôt direct prélevé par l’administration du Royaume, son régime et sa collecte étaient très compliqués et pouvaient varier d’une région à l’autre. En théorie, il portait sur l’ensemble des revenus des contribuables. Les nobles et le clergé en étaient exemptés. Sa collecte était assurée par un Intendant, à la tête d’une « généralité » (subdivision administrative du pays au nombre de 32) qui déléguait ses pouvoirs à des « élus » (à la tête d’une « élection » - subdivision des généralités) qui eux-mêmes déléguaient à des « collecteurs » (personnes désignées par la paroisse). Ces derniers estimaient eux-mêmes le montant des revenus et étaient responsables de l’impôt devant l’électeur. Ce système complexe et souvent injuste était souvent dénoncé.
A Gorron, il y a trois collecteurs nommés par les habitants. Le siège de l’élection dont la ville dépend est Mayenne. La complexité de la fixation du montant de l’impôt (certains propriétaires de la paroisse payant cet impôt dans d’autres paroisses), celle de leur collecte (avec les différents niveaux : collecteurs, électeurs, intendants) sont dénoncées par les rédacteurs des réponses au questionnaire. Ils revendiquent l’attribution de la fixation du montant de l’impôt et de sa collecte à la paroisse elle-même. Ce qui éviterait selon eux les drames des saisies voire des emprisonnements des contribuables ne pouvant pas payer mais aussi des collecteurs responsables sur leurs propres biens de cette collecte. Les signataires se plaignent aussi de l’exonération de la taille (le curé, les deux commis aux aides et les six employés de la gabelle) qui augmentent la part des autres habitants. Un maître d’école publique ayant une maison et un jardin à la Renardière a été exempté de taille par les habitants.

