Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…
Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)
Décembre 1890
Notre fils, Gabriel, avocat, a épousé le 22 avril 1884 Marguerite Péan, une branche de ma famille résidant à Quimper. Cette jeune femme me paraît tout à fait digne de poursuivre le journal familial. Son instruction, son intelligence et sa curiosité m’ont marqué. Elle est d’accord pour remplir cette mission. Et son intérêt pour le document commencé par Renée Largerie confirme la pertinence de mon choix. Je profiterai des fêtes de Noël pour lui confier le journal. L’année 1890 sera donc la dernière en ce qui concerne cette modeste chronique. Je sens qu’il est temps de passer la main.
J’ai vu, au cours de ma vie, les ouvriers tenter de s’organiser pour exiger des conditions de travail décentes. Les propriétaires des moyens de production ont tout tenté pour les en empêcher. Mais le 1er mai, la grève générale déclenchée pour obtenir la journée de huit heures de travail, dans le cadre d’une organisation internationale, a montré la puissance de ces ouvriers. On sera bien obligé, désormais, d’en tenir compte.
Au début créé pour sortir les prostituées du péché, des établissements religieux se sont spécialisés dans l’accueil des « filles perdues ». On y enfermait des femmes considérées comme étant de « mœurs légères ». Cette notion pouvait être très large. Des familles qui voulaient se débarrasser de leurs filles rebelles, trop indépendantes, les confiaient à des religieuses. Les jeunes femmes travaillaient souvent comme blanchisseuses dans ce qui pouvait être considérées comme de véritables prisons. Mauvais traitements, tortures physiques et morales, abus sexuels… On retrouva de nombreux corps de nourrissons enterrés sans sépulture…
Dans le roman, un petit dispensaire sera créé sur les lieux du prieuré. Des religieuses y accueillaient des jeunes filles enceintes et monnayaient leurs nourrissons pour des adoptions sauvages. Les jeunes filles étaient placées par leur famille pour éviter le scandale.
Je regrettais, le mois dernier, le niveau des échanges entre majorité et opposition dans le dernier bulletin municipal. Pour celui de novembre, ce niveau me semble s’être relevé. Sauf démenti, les augmentations en termes de budget méritent une réponse du maire. Et nous pourrions avoir, pour une fois, une confrontation entre les choix faits et ceux qui auraient été faits si la liste « Un nouvel horizon pour Gorron » avaient remporté les élections municipales. C’est cela que j’espérais quand l’expression libre de l’opposition est apparue dans le bulletin.
De la même façon, j’aurais aimé avoir des exemples « d’investissements absurdes » dénoncés par l’opposition. Et la justification de ces investissements de la part du maire. J’aurais alors le sentiment, comme administré de base, d’être respecté.
Depuis de nombreux mois, déjà, je me suis intéressé au cimetière de Gorron : les plus anciennes tombes, les différents modèles, les familles les plus anciennes, les tombes devant être relevées… Pour clore cette séquence, j’ai recensé les éléments personnalisant les défunts en dehors des inscriptions.
Plusieurs joueurs de pétanque. Ce genre de plaque est assez fréquent. Il faut dire que les clubs de pétanque se multiplient et que l’activité est très prisée parmi les retraités.
Dans le cadre de la préparation de l’exposition de l’association « Conservation du patrimoine gorronnais », je reprends le document de Joseph Lecomte qui donne les numéros des immeubles dans lesquels se trouvaient des débits de boisson et le compare à ma propre recherche relevant ces mêmes débits de boisson dans les recensements de la population gorronnaise depuis 1846 jusqu’à 1936.
Les débits de boisson au 20e siècle (à partir du document « La Belle Epoque… des cafés à Gorron » de Joseph Lecomte)
Rue Corbeau-Paris
N° 26. Café Leblanc (recette buraliste). En 1936, sur les listes de recensement, nous retrouvons Louis Leblanc, buraliste, et sa femme, Marie, rue Corbeau-Paris.
A partir des signataires des documents prérévolutionnaires ( Questionnaire de l’assemblée provinciales du Maine, Cahiers de doléances) j’essaie de retrouver des descendants gorronnais à ces signataires.
Familles influentes lors de la Révolution
Descendants famille Grangeré
Jean Grangeré, laboureur ( vraisemblablement) marié à Julienne Seigneur, fils de Jean Grangeré et de Julienne Quentin.
Rappel : deux lignées ont été retenues
1ère Lignée : Jean Grangeré/Julienne Quentin › Jean Grangeré/Julienne Seigneur › Pierre Grangeré/Marie Travigné › Pierre Grangeré/Marie Jambin…
2ème lignée : Jean Grangeré/Julienne Quentin › Louis Grangeré/Jeanne Berrier
En 1906, nous retrouvons : Valentin Grangeré, né en 1854 à Gorron et Louis Grangeré, né en 1846 à Gorron. Ont-ils un lien avec une de ces lignées ?
Valentin Grangeré, agriculteur, Saint-Etienne. Nous avons déjà vu ce Valentin Grangeré sur le blog. Il est le fils de René Grangeré et de Mélanie Goupil. René Grangeré est le fils de Richard Grangeré et de Louise Galloin. Il ne semble pas avoir de lien direct avec une des lignées.
Louis Grangeré, cultivateur, la Pommerais. Il est le fils de Louis Grangeré et d’Hortense Dumaine mariés le 21/04/1845. Louis Grangeré est le fils de René Grangeré et de Louise Jéhan. Il ne semble pas avoir de lien direct avec une des lignées.
A partir du recensement de la population de 1975, en ne retenant que les adultes natifs de Gorron, j’essaie de retrouver les plus anciennes familles gorronnaises. On s’aperçoit assez vite que la population est sans doute beaucoup plus mobile qu’on ne pourrait le penser dans les siècles passés.
1975
Ménages collectifs – hospice de Gorron.
Louis Penloup né le 05/07/04.
Récapitulatif
2 générations
Chénel ; Laurier
Bouchers
Manceau ; Trolet
Plombier – charpentier
Couturière
Houée ; Hodebert
Marchands de bestiaux
Lhuissier ; Fourmond ; Fouqué
Cultivateurs - charcutier
Guerrier ; Besnier
Plombier/chauffagiste - maçon
Foucoin
Sabotier - tisserand
Gayet ; Gayet
Garagistes
Lévêque
Menuisiers
Bertrand
Charpentier
Letissier
Manutentionnaire – ouvrier en chaussures
Arnoult/Durand
Meuniers
Penloup
Cordiers
Récapitulatif
Sur 671 personnes retenues, 140 sont originaires de Gorron. Sur ces 140, 50 s’inscrivent dans une lignée de plus d’une génération.
A suivre : Marie Quinton née le 16/12/1904 à Gorron.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962
Recensement de 1962
Rue et place de la Houssaye
N° 8. René Meslin, ouvrier d’usine et son épouse Gisèle Fournier, ouvrière d’usine.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…
Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)
Décembre 1889
Deux personnalités s’affrontent dans notre ville. M. Le Marchant est élu au Conseil d’arrondissement, M. le duc d’Abrantès au Conseil général. Ce dernier est maire de Gorron. Il est considéré comme réactionnaire en cette période où la gauche républicaine a gagné les législatives.
L’aventure du général Boulanger qui a, un moment, menacé la Troisième République se termine de façon tragique : il se donne la mort sur la tombe de sa maîtresse.
Mais ce qui mobilise les Français en cette année, c’est l’exposition Universelle qui se déroule à Paris de mai à octobre. On y parle beaucoup de la grande Révolution dont c’est le centenaire. J’ai eu la chance de pouvoir admirer la Tour Eiffel, construction métallique de 330 mètres de hauteur et de voir le spectacle de Buffalo Bill avec des indiens et des cow-boys venus des Etats Unis d’Amérique.
Prix Nobel 2021. Lire un ouvrage du prix Nobel de l’année permet de belles découvertes. C’est une nouvelle fois le cas. Un roman écrit à la première personne retrace la vie d’un habitant de Zanzibar qui arrive illégalement en Angleterre pour finir sa vie. L’auteur y aborde des thèmes comme le colonialisme, l’immigration, mais aussi des réflexions sur ce que peut être une vie, sans complaisance envers soi-même.
Un tiers du livre correspond à une autre narrateur, qui écrit, lui aussi, à la première personne. Il se trouve que ce narrateur est le membre d’une famille en conflit avec le premier narrateur. La confrontation subtile de points de vue à partir d’événements communs permet une approche psychologique très intéressante dans laquelle les variations de la mémoire sont interrogées. Une belle écriture.
Quelques longueurs, à mon goût, dans les méandres familiaux. Mais, globalement, un auteur de grand talent.
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Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par
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