Le journal de Marguerite Péan (épouse Gabriel Boullard)
Décembre 1901
Je m’amuse, souvent, à acheter « l’Echo de la Mayenne » et « La Mayenne ». Au-delà des échos locaux qui sont bien maigres, les polémiques entre les catholiques souvent hostiles à la République et les anticléricaux, par leurs outrances et leur manque d’objectivité, me font rire.
Plus sérieux, le tramway va désormais desservir la gare de Gorron. Bien commode pour les voyageurs, il va aussi jouer un rôle bénéfique pour le commerce et l’industrie en général. J’ai pris plaisir à assister au comice. Les animations festives (course de vélo, fanfare, feu d’artifice) font oublier un peu les soucis de l’époque.
Un député a déposé un projet de loi donnant le droit de vote aux femmes. Ce projet de simple égalité entre hommes et femmes a déclenché de nombreuses protestations. J’ai moi-même eu quelques difficultés avec mon mari, à ce sujet qui, s’y oppose radicalement.
Le droit à créer une association devrait permettre aux citoyens de s’organiser en dehors des cadres officiels mais ce droit est soumis à quelques règles. Comme d’habitude, cela a entraîné une polémique au sujet des congrégations religieuses qui ne veulent pas se soumettre à cette loi.
Son premier roman édité. Les thèmes que l’on trouve dans toute son œuvre sont déjà là. Le déracinement d’un milieu populaire à un milieu intellectuel, bourgeois. Avec toutes les ambivalences : honte du milieu familial frustre mais avec une reconnaissance et pas mal d’amour dans le milieu d’origine ; sentiment de ne pas être à sa place, humiliation, mais aussi fascination dans le nouveau milieu. Et, au centre de tout cela, l’expérience de l’avortement.
Cet entre-deux, , ces culpabilités, sont traités grâce à un style particulier. Réflexions profondes côtoient l’utilisation d’un langage parfois cru. Tout cela mêlé. On se laisse embarqué par ce flot de paroles qui, parfois, pourrait fatiguer. L’impression d’une répétition sans fin qui, en réalité, correspond à une écriture dense, travaillée. Qui explique sans doute pourquoi l’autrice vient de recevoir le prix Nobel de littérature.
L’objectif est de recenser les domestiques (hors agriculture), de connaître les familles qui les emploient. Dans la mesure du possible, essayer de repérer leur lieu de naissance, leur origine sociale et la durée de l’exercice dans la fonction.
Année 1856 (2) : En place en 1846 ; en place en 1851.
Préparation d'un roman dont l'héroïne principale sera une domestique qui passera sa vie d'adulte au service d'une famille d'industriels gorronnais.
Rosalie Jouvin
Rosalie meurt à l’hôpital d’Ernée le 22 octobre 1919. Elle est recensée comme domestique, célibataire, domiciliée à Gorron.
Elle a passé toute sa vie au service de la famille Gendron. Arrivée après 1881 (on ne connaît pas la date exacte). Il est donc vraisemblable qu’elle soit restée près de 35 ans dans la même place.
A l’époque l’épidémie de grippe espagnol faisait rage. Il est possible qu’elle ait succombé à cette maladie à l’âge de 56 ans.
On s’intéressera maintenant aux deux familles : celle des Jouvin de Montenay et celle des Gendron de Gorron. Ces données seront intégrées au roman.
A partir des signataires des documents prérévolutionnaires ( Questionnaire de l’assemblée provinciales du Maine, Cahiers de doléances) j’essaie de retrouver des descendants gorronnais à ces signataires.
Familles influentes lors de la Révolution
François Rousseau marié à Marie Ruault. François est le fils de Joseph Rousseau et Jeanne Lecour.
Joseph Rousseau, marchand, 56 ans, Mélanie Valette, 46 ans, rue Royale. Ils se sont mariés le 20/10/1823 à Gorron.
Joseph est le fils de Joseph Rousseau, propriétaire et de Julie Valette.
Joseph le père est le fils de Joseph Rousseau, marchand tisserand, et de Jeanne Le court (Le Four ?).
Joseph Rousseau est donc vraisemblablement le frère de François Rousseau.
On ne retrouve pas le mariage de Pierre Fleury corderie et de Cécile Le Maire de Boisguérin. Par contre, nous retrouvons la naissance de l’oncle (Bonaventure), frère de Pierre, à Gorron, le 10 janvier 1767.
Les parents sont François Fleury, chirurgien juré et Marguerite Riandière, mariés le 13 janvier 1766 à Châlons-du-Maine (Mayenne).
Le père de François est François Clément Fleury, avocat, et de Bertrane Le Court mariés à Gorron le 07/02/1735.
François Clément est le fils de Bonaventure Fleury et de Françoise Hellot.
Céline Anaïs Fleury/Ely est donc une des descendantes d’une vieille famille Gorronnaise (4ème génération en 1814). Nous verrons, la semaine prochaine, la descendance de cette famille à Gorron.
A partir du recensement de la population de 1975, en ne retenant que les adultes natifs de Gorron, j’essaie de retrouver les plus anciennes familles gorronnaises. On s’aperçoit assez vite que la population est sans doute beaucoup plus mobile qu’on ne pourrait le penser dans les siècles passés.
1975
Beauvallon – La Pierre-Pichard.
Simone Bouillon (Renard), née le 11/07/1925, ouvrière d’usine. Elle est la fille d’André Bouillon, tailleur de pierre, né en 1885 à Gorron et de Marie originaire de Hercé.
André Bouillon est le fils de Constant Bouillon, charpentier, né en 1844 et d’Hortense Rousseau originaire de Hercé.
A partir du recensement de la population gorronnaise de 1962 et une collection de reproduction de cartes postales anciennes j’essaie de retrouver les immeubles sur les cartes postales et leurs occupants en 1962
Recensement de 1962
Rue Brochard-Brault
N° 3 : Roland Bohuon, huissier, son épouse Suzanne Marthe et leurs enfants : Roland, Alain, Yves, Annie.
Ce n’est pas un essai, même si les citations et les notes de bas de pages sont nombreuses. Même si l’autrice a une expérience et des connaissances en littérature (autrice et lectrice) qui sortent de l’ordinaire. Il y a déjà quelque temps que je m’intéresse à cette autrice dont l’œuvre me paraît exceptionnelle, par sa diversité, sa densité.
Cette fois, elle parle d’elle et de son rapport aux personnages de fiction qu’elle crée ou qu’elle découvre grâce à ses nombreuses lectures. Au-delà de l’écriture, sa personnalité, ses convictions, ses engagements confirment ce que j’ai pu trouver dans ses livres : lucidité, humour, autodérision, avec aussi un regard acéré sur la société dans laquelle elle évolue.
Féministe, le titre de l’ouvrage, à lui seul, le confirme. Ses revendications me paraissent très justes, tout du moins en ce que je peux percevoir en tant qu’homme et bien modeste lecteur qui s’essaye parfois à l’écriture. Un livre à relire et à garder près de soi.
Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…
Le journal de Marguerite Péan (épouse Gabriel Boullard)
Décembre 1900
L’évêque de Laval, Monseigneur Geay, a du mal à s’intégrer dans le département. Il est en butte aux attaques des anticléricaux mais aussi de la communauté catholique. Des bruits circulent sur sa relation particulière avec la supérieure du Carmel de Laval.
Un climat qui s’inscrit dans les tensions au niveau national entre les anticléricaux et l’Eglise catholique qui a toujours des problèmes avec la République. Les congrégations de plus de 20 membres sont interdites.
Mais la grande affaire de cette année a été l’exposition universelle à Paris. 83 000 exposants, 50,8 millions de visiteurs. Avec mon mari nous y avons passé plusieurs jours. L’illumination de la Tour Eiffel avec 4 000 becs de gaz nous a particulièrement impressionnés.
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Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par
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