Le patronage Saint Rémy : nous avons plusieurs fois parlé de ce patronage dirigé par l’abbé Bahier. Une photo est publiée qui est prise contre le mur de l’église. On apprend dans l’article que les enfants ont bénéficié d’un séjour de plusieurs jours dans le Pays d’Auge.
16 septembre 1943
La foudre provoque quelques dégâts : un violent orage s’est abattu sur le Bignon : la sonnerie du téléphone a été grillée chez M. Houé, des carreaux brisé, le compteur grillé à l’école publique (collège de garçons), un poste de TSF détruit chez Mme Poerre ( ?) – à noter que les noms sont souvent mal orthographiés.
Décès de Lucien Dollé, maire de Gorron. Dans l’article ci-dessous, on peut se rendre compte de l’émotion engendrée à Gorron par cette mort. On peut relever les qualités du maire mises en avant : « Il fut l’apôtre de l’union. Il réussit à regrouper tout le conseil municipal alors divisé par les polémiques. Il s’inquiéta de régler les dettes de la commune. » On apprend aussi que la guerre et l’exode ont amené 2200 réfugiés à Gorron alors que la ville n’avait que 2300 habitants.
L’histoire nous permet souvent de réfléchir sur nos pratiques du moment. Imaginons l’arrivée de 2200 personnes à accueillir, à nourrir et loger de nos jours…
Le nombre de réfugiés me paraît énorme, j'espère qu'il ne s'agit pas d'un erreur du journaliste...
Important concours qui s’est déroulé à Gorron au cours duquel plusieurs éleveurs gorronnais ont été primés : Barbé, Galloene, Delangle, Forest, Buon (Buin ?).
Le 5 septembre le comice annuel connaîtra un succès certains, supérieur à celui des deux années précédentes.
8 septembre 1943
Changement du bureau de la société de pêche et de pisciculture du canton de Gorron.
Président : René Fauchard, Vice-Président : Joseph Gayet ; trésorier : Francis Bertrand ; Secrétaire : Paul Rossignol.
10 septembre 1943
Accident entre camion et carriole
A l’angle de la rue de Normandie et de la rue Corbeau-Paris, l’attelage (cheval carriole) a été coupé en deux par un camion appartement aux établissements Fauchard. M. Violas a dressé un constat. M. Violas était huissier à Gorron.
En pleine pandémie de coronavirus, il peut être utile de rappeler certaines épidémies qui, au 18e et 19e siècles, pouvaient ravager une partie de la population.
On peut noter, au 18e siècle, des années où le nombre de décès l’emporte largement sur celui des naissances à Gorron : en 1783/1784, par exemple, une épidémie de dysenterie perturbe la démographie gorronnaise. On note sur les registres paroissiaux, la formule : décédé de maladie contagieuse.
A Gorron, au 19e siècle, pendant l’hiver de 1870/1871, une épidémie de variole (petite vérole), a entraîné 145 décès (deux fois plus que la moyenne habituelle des décès pendant l’hiver). Rien qu’au cours du mois de décembre, 1870, on dénombre 28 décès pour 2 naissances. Toutes les tranches d’âge sont touchées. Le taux de mortalité était de 15 %. La moitié de la population pouvait être infectée. Elle s’inscrivait dans une épidémie nationale.
Cette épidémie a fait rage pendant la guerre contre la Prusse qui avait envahi une partie du territoire. Le contexte sanitaire de la France était d’autant moins performant. De plus, il n’y avait pas de traitement pour cette maladie virale. Les onguents, à base de mercure ou d’arsenic, destinés à cautériser les boutons qui défiguraient les malades, augmentaient souvent la mortalité.
Il y a deux médecins à Gorron à l’époque : Martial Garnier, originaire de Gorron, résidant Marché au Chanvre (place de la Houssaye) ; Pierre Paul Duhail, originaire de Charchigné. Ils étaient souvent impuissants face à la maladie. La femme de Pierre Paul Duhail en est morte à 37 ans en décembre 1870. On s’en remettait alors aux processions religieuses pour implorer l’intercession de saints comme Saint Roch (voir ci-contre), patron des professions médicales, guérisseur en périodes d’épidémie. Rassemblements qui accéléraient la contamination.
Inauguration de la piscine : Le Club Nautique Gorronnais organise le dimanche 29 août, à l’occasion de l’inauguration de la piscine municipale diverse épreuves de natation. La piscine, contrairement à ce qu’on lit parfois, a bien été creusée par des soldats allemands pendant l’occupation. Des prisonniers allemands après la Libération ont, ensuite, participé à l’extension du complexe sportif Lucien Dollé.
Les eaux de la Colmont empoisonnées pour la quatrième fois : la société de pêche porte plainte pour la quatrième fois.
Les deux informations se télescopent. En effet, la piscine a été creusée dans le cours de la Colmont. Si les poissons ont souffert de l’empoisonnement, on peut penser que les baigneurs prenaient aussi des risques.
1er septembre 1943
Inauguration de la piscine (suite) : plus de mille personnes ont assisté à l’inauguration. Outre les courses, les spectateurs ont pu apprécier les démonstrations de plongeons, de water-polo…
La semaine dernière, nous avons évoqué le 5e régiment du génie. Le portrait ci-contre correspond au soldat Frédéric Dollé.
Sur la photo ci-dessus, nous voyons les trois enfants Dollé du couple Frédéric Dollé et Esmérie Chassain. Ils sont près (ou sur) d’une machine agricole à traction animale. Les premières réalisations de l’entreprise, avant le passage à la machine à vapeur.
L’enfant assis sur la machine est vraisemblablement Marcel. Au centre, il s’agit de Lucien. Et à gauche se trouve la petite sœur Lucie.
Deux photos de classes fréquentées vraisemblablement par les enfants Dollé : essayez de les retrouver sur ces photos.
Les eaux de la Colmont sont à nouveau polluées : trois pollutions de suite qui amènent M. Fouqué, président de la Société de pêche et pisciculture du canton de Gorron à porter plainte. On apprend qu’il y a 500 sociétaires dans cette association.
Il y a peu, la Colmont a connu une pollution. Finalement, rien ne change vraiment.
19 août 1943
Après les courses de chevaux : en 1883, les courses de chevaux s’arrêtent à Gorron (nous les avons déjà évoquées sur le blog ainsi que l’hippodrome de Lesbois). Soixante ans plus trad, les Gorronnais tentent de refaire vivre ces courses (cette fois elles auront lieu sur la commune, près de la ferme de la Grille) en espérant qu’elles reprendront leur place au calendrier des courses du département.
Le bureau : président d’honneur, René Fauchard (fabricant de chaussures) ; président : Paul Belloir (courtier en bestiaux) ; vice-président : M. Buin (marchand de chevaux) ; secrétaire trésorier , M. Mérienne (courtier en bestiaux).
Frédéric Dollé, le fondateur, a fait son service militaire dans le 5e régiment du génie. Ce régiment est créé en 1889. Basé à Versailles, il fait partie de l’armée de terre et est spécialisé dans les travaux des voies ferrées. En 1897 (voir photo ci-contre), le service militaire durait trois ans. Frédéric Dollé est né le 20 juillet 1875, il a donc 22 ans sur la photo ans quand il fait son service militaire.
Les noms des soldats sont notés par Frédéric Dollé lui-même au dos de la photo ci-dessus. Il se trouve sous le point rouge. Sur l’acte de mariage entre Frédéric Dollé et Ismérie Chassin, on apprend que le père de Frédéric, Joseph Dollé, est employé des chemins de fer. On apprend aussi que la mère de Ismérie est décédée à la date du mariage. Ce qui nous permet de répondre à la question d’Alain. Sur la photo de famille postée il y a 15 jours, les grands-parents sont les grands-parents paternels (Dollé).
Dans la photo « artistique » ci-dessous, je fais l’hypothèse que Frédéric est le soldat sous le point rouge mais je n’en suis pas sûr. Qu’en pensez-vous ?
Ses objectifs : aider les soldats encore prisonniers « adoucir leur captivité » et leurs familles.
Son bureau : Président , Paul Belloir ; Secrétaire, Pascal Gendron, Trésorier : Constant Détais ; Membres du bureau : Georges Launay, Paul Penloup, Fernand Lecapitaine, Marcel Lévêque, Marcel Foucoin, Marcel, Gerber.
12 août 1943
Courses de chevaux :
Un hippodrome existait à Gorron près de la Grille (à la sortie de Gorron vers Hercé). 43 chevaux ont concouru, notamment, dans une course de chevaux de cultivateurs. Les billets sont vendus chez M. Daniel, café-tabac.
14 août 1943
Le placement des domestiques et des servantes semble avoir lieu lors du comice agricole. Ils sont appelés à se déclarer près du secrétaire du comice (Félix Chemin, horloger) avant le 29 août.
Une photo, malheureusement un peu floue, a été prise rue de Normandie, là où a été créée l’entreprise Dollé par Frédéric Dollé. Elle date donc d’avant 1908, année où l’entreprise sera transférée rue Magenta (Corbeau-Paris). Le photographe : « Chemin à Gorron » est vraisemblablement Félix Chemin, horloger, rue de la Mairie.
On voit, sur la droite, l’actuelle école publique de garçons, à l’époque école communale de garçons dans laquelle étaient scolarisés tous les garçons de Gorron. En face, à gauche, on voit les machines agricoles fabriquées par l’entreprise Dollé.
La rue est décorée de guirlandes végétales impressionnantes, de drapeaux tricolores, de lampions et fermée par une estrade surmontée d’une inscription « PAIX ° TRAVAIL ». On y distingue des familles gorronnaises qui posent pour la photo. Une fête importante donc qui pourrait être le 1er mai, la fête du travail.
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Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par
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