Une série de factures qui va permettre de retrouver des entreprises et artisanats gorronnais au début du 20ème siècle à partir du recensement de la population de 1911.
Simon-Morisset
Datée de 1908, cette facture nous donne l’adresse de la fabrique de voitures (il s’agit de voitures hippomobiles) : place du Général Barabé (avec une faute dans le nom).
Dans le recensement de 1911, on peut noter, rue du Pré (Quartier de la place du Général Barrabé), Jules Simon, originaire de Landivy, carrossier, sa femme Théotiste (Morisset ?) et leur fille Juliette.
Sur la carte postale ancienne (rue des Prés au lieu du Pré) on peut voir le nom Simon placé sur le balcon de la maison.
Une série de factures qui va permettre de retrouver des entreprises et artisanats gorronnais au début du 20ème siècle à partir du recensement de la population de 1911.
Eclairage électrique
Nous avons plusieurs fois évoqué la fourniture d’électricité à la ville de Gorron et à quelques particuliers grâce à une turbine électrique installée sur la Colmont au niveau du premier pont de la rue Jean-Jacques Garnier dès le début du 20ème siècle.
L’électricien chargé du fonctionnement de cette turbine est recensé comme employé Gendron. Nous avions donc fait l’hypothèse que cette turbine appartenait à la famille Gendron (tannerie/salaison). La facture ci-contre (datant de 1909) semble confirmer cette hypothèse.
En 1945, à la sortie de la guerre, des élections municipales provisoires ont été organisées. Une liste unique d’union est présentée. 9 conseillers sortant se représentent avec à leur tête le maire Lucien Dollé en poste pendant toute la guerre. On peut noter que deux femmes sont présentes sur la liste.
En 1947, deux listes s’affrontent : la « Liste Républicaine Indépendante » dans laquelle on retrouve 13 conseillers de la liste d’union de 1945 ; la « Liste de Démocratie Socialise et de Défense Communale ». Plus marquée à gauche (proche des socialistes réformistes) elle reste cependant très modérée par rapport aux listes communistes en utilisant notamment la dénomination de Défense Communale.
Cette dernière est menée par Alfred Lecointre, chef de gare. On y trouve une ménagère mère de famille nombreuse, un garagiste, un cultivateur, un artisan peintre, un artisan tailleur et un commerçant.
Dans le Mayenne-Journal du dimanche 25 juin 1944, une relation détaillée du bombardement est publiée. Vers 1 heure et ½, une centaine d’avions, des explosions pendant une douzaine de minutes… Un spectacle d’horreur.
La liste provisoire des morts et des blessés est dressée. On y trouve deux Gorronnais : Albert Leblanc, 19 ans, rue de Bretagne ; Lucien Mauguit, 19 ans, rue de la Madeleine. Les communes aux alentours et des équipes venues de Laval, Ernée et Gorron sont venues aux secours des sinistrés. Mais des voleurs ont profité du chaos pour emporter de petits butins (bobines de fil, pantalon, chaussons…).
Les rédacteurs de l’article s’interrogent sur les mobiles de ce « sauvage bombardement ». La gare « seul objectif militaire n’accusait depuis quelque temps aucun trafic ». Mais aussi sur l’armement utilisé : bombes explosives, plaquettes incendiaires et bombes à retardement…
On apprend plus tard qu’il y a eu 345 morts et plus de 120 blessés. Des tracts auraient prévenu la population du bombardement mais aucun n’a été retrouvé. On peut rappeler que toute guerre fait des victimes civiles innocentes…
Après le débarquement du 6 juin 1944, même si la France n’est pas entièrement libérée, la rentrée scolaire est programmée pour le 1 octobre 1944. Les programmes et l’organisation de l’Ecole sous le régime de Pétain sont annulés par un retour à ce qui existait avant 1939. De plus, on réfléchit à une vaste réforme appuyée sur la démocratisation de l’enseignement.
Les cours professionnels sont destinés aux jeunes de 13 à 18 ans ayant quitté l’Ecole et apprenant un métier. Ils sont organisés par les communes et les chambre des métiers départementales. Ils sont, eux aussi, réorganisés après le régime de Pétain.
La commune de Gorron, en liaison avec la chambre des métiers de Laval, mettra en place des cours professionnels se déroulant le jeudi (jour de la semaine sans école à l’époque) et assurés par des enseignants volontaires. Ils commenceront le 16 octobre 1944.
Le 11 novembre 1944, le maire de Gorron, dans son discours au monument aux morts, évoque les « 4 ans d’oppression » au cours desquels il était interdit de célébrer le 11 novembre 1918 rappelant « notre grande victoire » contre les Allemands.
Il remercie les Alliés, les Français et tous ceux qui sont « tombés sous les balles allemandes » et qui « ont rendu à la France le droit qu’elle avait de vivre ». Il en est un qui a, depuis, été un peu oublié : un jeune Gorronnais « ce petit gars de chez nous qui a suivi les Américains », a combattu et « a trouvé au champ d’Honneur une mort glorieuse », est mort « la flamme au cœur et la palme à la main ». Au-delà de la boursouflure du style, on peut, en effet, saluer sa mémoire.
Il s’agit de Robert Chéenne, né en 1927, fils d’Armand Chéenne ouvrier en chaussures et de Marie Launay, piqueuse, employés à l’usine Fauchard et Bonnant, recensé rue Jean-Jacques Garnier en 1931. Il était donc dans sa 17ème année quand il s’est retrouvé avec les Américains.
La fête des mères est reprise par l’Etat français de Vichy pendant l’occupation allemande. Le pouvoir d’alors voulait valoriser la famille traditionnelle, la maternité dans le cadre de sa devise : travail, famille patrie. Pour cela, les mairies et les écoles devaient organiser des cérémonies officielles.
A Gorron, le maire, contrairement au curé « tient à réserver à cette fête un caractère de simplicité ». Ce dernier le regrette. Il parle de « désordre moral autant que matériel ». Il évoque le Maréchal « qui a grandement raison » de donner un grand éclat à cette fête et au « relèvement de la France ».
Le curé écrit au maire pour lui faire connaître son avis « absolument contraire » et l’organisation d’une séance au cours de laquelle « les bonnes mères de famille seront félicitées et encouragées », obéissant ainsi « aux désirs de mon évêque ».
On voit ici où se situait politiquement la cure à l’époque.
A la suite de la création d’un club de football dont il a été question sur le blog il y a peu, la municipalité de Gorron, en 1941, élabore un projet de création d’un terrain de sports et demande une subvention à la Préfecture.
Ce projet est à l’origine des complexes sportifs (Lucien Dollé et Maurice Dufour) actuels, situés route de Brecé. A l’époque, il n’existait pas de terrain sportif, notamment pour les élèves des écoles. Ils pourront donc utiliser ce terrain ainsi que les joueurs de football (une cinquantaine de jeunes gens de 14 à 25 ans).
La réalisation de ce terrain (ainsi que de la piscine) a donc commencé pendant l’occupation. On dit souvent que ce sont des prisonniers allemands qui ont réalisé le complexe sportif. Ils y ont sans doute contribué après la Libération mais les travaux ont commencé bien avant.
Il n’y a pas d’élections municipales pendant l’occupation allemande de la France. En 1940/1941, les conseils municipaux sont dissous. Les maires et les conseillers municipaux sont désormais nommés par les préfets.
Dans le document ci-joint, le préfet annonce au maire de Gorron (Lucien Dollé) qu’il est maintenu dans ses fonctions. On lui demande de présenter les candidats à la fonction de conseiller municipal en donnant son « appréciation personnelle sur (leurs) mérites ».
Ces listes doivent comprendre obligatoirement : un père de famille nombreuses, une femme qualifiée pour s’occuper des œuvres privées d’assistance et de bienfaisance nationales, un représentant des groupements professionnels de travailleurs, un nombre de prisonniers dans la proportion d’un quart environ…
C’est en décembre 1940 qu’est créé le FCG, réunissant le club de la Jeanne d’Arc et celui de l’Union Sportive Gorronnaise. La France est occupée par les Allemands, c’est pourquoi le Préfet précise que les statuts « resteront officieux jusqu’au moment où l’autorité allemande permettra la reconnaissance officielle ».
Dans la lettre du Préfet, il est aussi question d’une demande de subvention pour « agencement d’un terrain ». Il s’agit du début du complexe sportif actuel dans lequel sera creusé une piscine. Les statuts du nouveau club sont très stricts. « Les membres actifs s’engagent à assister à toutes ces réunions …/… toute absence non justifiée est passible d’une amende de 1 franc ».
Les statuts sont signés par le président Lucien Dollé, maire et le vice-président, l’abbé Betton.
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