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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 11:33
L'ancien Collège D'Ernée...

Le réfectoire

La visite est maintenant presque terminée. Nous passons sur la « cour des filles » dont l’accès, nous l’avons vu, était très surveillé. C’est là que se situaient quelques classes préfabriquées qui compensaient à l’époque le manque de places. Mais c’est aussi là que se situait un lieu très important pour les internes : le réfectoire. Les repas étaient toujours un moment privilégié, notamment ceux du soir. Certains menus étaient attendus, d’autres redoutés. Les élèves se rangeaient par classes sous le préau. La place dans le réfectoire avait quelque chose de symbolique. En redoublant, on pouvait atteindre l’ultime place, dans l’angle du fond. Ce que convoitaient sans doute, dès l’entrée au collège, les jeunes élèves qui avaient hâte de se faire un statut. Sans compter que l’ancienneté pouvait offrir des avantages non négligeables comme l’accès au pain frais, le matin, qui, trempé dans un chocolat plus ou moins épais, pouvait rendre la journée acceptable.

Ce chocolat, dans des pichets métalliques, avait un goût particulier quand il était servi le soir, tard, après « l’alerte au feu ». Un moment attendu toute l’année, souvent annoncé à tort, qui voyait les élèves descendre bruyamment les escaliers des dortoirs, après la sonnerie de la cloche censée prévenir d’un incendie. Il fallait vraiment que la vie d’interne manquât un peu d’éclat pour qu’une manifestation aussi banale puisse susciter un tel intérêt. Sans doute parce qu’elle représentait l’imprévu dans une vie particulièrement réglée qui appelait chez certains le goût de la transgression.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 11:32

Ignoble…

Après bien des hésitations, ils m’ont laissé commander le feu. N’étais-je pas, après tout, un héros ? Quoi de plus exemplaire ? Quand j’ai formulé ma demande j’ai vu dans les yeux des autres soldats désignés quelque chose qui me mit mal à l’aise. Je ne comprenais pas, sur l’instant, pourquoi ils me regardaient d’une telle façon. Maintenant je comprends… Les deux condamnés ont eu une attitude totalement différente. Le premier était complètement amorphe. Le regard perdu dans le vague, il marmonnait. Une prière, des injures au ciel ? Il se laissa attacher au poteau d’exécution sans difficulté. Je commandai le feu en fermant les yeux, ne regrettant pas mon initiative. J’étais moi aussi comme absent. Ce n’était pas moi qui parlais. Je ne voulais rien avoir à faire avec cette barbarie dont j’arrivais à me désolidariser. Mais il en fut tout autrement pour le second. Celui que je connaissais un peu. Il se débattit, supplia. J’étais de plus en plus mal à l’aise. Plus question de s’évader, de s’exonérer du châtiment. Je me sentais blêmir. Et j’étais pourtant loin de ce qui m’attendait. Le soldat m’interpella, cria mon nom… Je compris alors ce que mes camarades avaient ressenti au moment où je m’étais proposé pour commander le peloton d’exécution. Plus que celui qui, dans le groupe, appuyait sur la gâchette d’un fusil peut-être chargé à blanc, celui qui déclenchait le feu participait de la sentence. Je tremblais cherchant de l’aide autour de moi. Tout le monde attendait. La scène était horrible. J’avais été lâche dans la tranchée. Je l’avais été en acceptant les honneurs. Je devenais odieux en faisant durer le supplice du condamné. J’ai alors hurlé l’ordre et me suis enfui en pleurant.

Depuis ce jour funeste je n’ai plus écrit dans ce carnet et ce pendant plusieurs mois. Je ne parlais plus à personne. Et je crois bien que beaucoup en était soulagés. Je ne me suis plus jamais réfugié dans les alcôves que je ne creusais plus dans la terre du parapet. J’attaquais, je reculais, mécaniquement, au gré des lubies de nos chefs. J’ai embroché des ennemis sans trembler. Je me suis défendu dans des corps-à-corps sauvages, de nombreuses fois blessé mais toujours sans gravité. Je reçus d’autres citations qui me laissaient toutes indifférent. Et si je reprends l’écriture c’est qu’un événement particulier m’a fait sortir de cet état semi conscient dans lequel je ruminais ma honte, mon indignité.

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 11:27
Note de lecture.

Note de lecture… par JC.

« Le pain noir » (Georges Emmanuel Clancier).

Classique, trop classique… L’histoire d’une famille qui, de métairies au faubourg miséreux d’une ville, connaît la faim, les accidents, la maladie… Le genre d’histoire trop exploitée qui finit pas lasser.

Heureusement il y a l’écriture, limpide, poétique. Heureusement il y a l’héroïne principale, cette fillette attachante aux rêves souvent déçus. Le chapitre, notamment, en fin d’ouvrage où elle rencontre enfin sa princesse dans le lieu magique aux multiples lumières. La grande salle avec ses milliers de livres et son instrument de musique jusqu’alors inconnu.

A ce moment, le roman prend une autre dimension et on comprend alors l’importance de l’auteur, poète et romancier de grand talent.

A noter que la publication ne précise pas que l’ouvrage présenté est un tome d’une histoire beaucoup plus vaste qui se déroule jusqu’à la Seconde Guerre mondiale…

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:05

Vous trouverez cette semaine (32ème /2013)

Catégorie histoire locale :

- Trente Glorieuses : évolution de la population…

  • Gorron : les activités du bâtiment…
  • Vie économique : chapellerie rue de la Houssaye…

- Biographie : Jean-Jacques Garnier (l’homme de lettres)…

Catégorie échanges :

  • Correspondance pendant la Seconde Guerre mondiale : après le débarquement…
  • Souvenirs : l’ancien Collège d’Ernée, petits plaisirs et autres désagréments (2)…

Catégorie fictions :

  • Saga Gorronnaise : l’impensable…

Point de vue :

- « La démocratie des crédules » : que font les scientifiques ?…

( ! ) Un problème technique empêche l’ouverture de la catégorie « fiction ». Vous pouvez y accéder en cliquant directement sur les articles.

( ! ) Un changement dans l’administration du blog peut perturber la présentation des articles

Actualité de la semaine (32ème/2013).

L’accès à l’église se faisait par deux voies : sur la gauche, la rue du collège prolongée par la rue du cimetière ; sur la droite, la rue de l’église (dont-il reste une partie actuellement). Les deux rues étant reliées par une voie qui a disparu.

L’actuel boulevard Faverie a été ouvert entre 1880 et 1882, reliant directement la place des halles (place de la mairie actuelle) à la nouvelle église. La plantation des marronniers a eu lieu en 1902. Sur la carte postale ils sont jeunes, avec des tuteurs.

Actualité de la semaine (32ème/2013).

Sur l’extrait du plan cadastral de 1932, on peut voir en bleu : l’ancienne église orientée différemment par rapport à la nouvelle et les anciennes halles, à l’emplacement de la mairie actuelle.

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:04

Evolution de la population pendant les Trente Glorieuses…

Evolution globale…

1946 : 2321 ; 1954 : 2207 ; 1962 : 2321 ; 1968 : 2400 ; 1975 : 2511.

La population Gorronnaise augmente de 1946 à 1975. La baisse en 1954 peut être expliquée par l’exode rural. Des Gorronnais vont chercher du travail dans les villes qui voient un développement important de leurs activités économiques. Pendant cette période (de 1946 à 1962, à l’intérieur même de la commune, la population non agglomérée baisse régulièrement : 1946 : 667 ; 1954 : 604 ; 1962 : 471). Dans les années 1960, des activités industrielles se développent sur la commune elle-même, ce qui explique la remontée de la population globale.

A noter que dans les registres des délibérations municipales, en 1947, la commune signale qu’elle a besoin de main d’œuvre et souhaite « la bienvenue aux étrangers ».

Les naissances l’emportent sur les décès…

La même année, les effets du Baby boom (augmentation des naissances à la fin de la guerre) commencent à se faire sentir sur la commune (42 naissances pour 36 décès : + 6). La différence positive entre naissances et décès, excepté pour les années 1951, 1965, 1969, 1971, se maintiendra au cours des Trente Glorieuse. Avec des points forts : + 26 en 1968, + 24 en 1964, + 25 en 1962, +25 en 1951, +34 en 1949…

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:00
Evolution des activités du bâtiment...

Evolution des activités du bâtiment pendant les Trente Glorieuses.

La présence de carrières de granit a permis de développer très tôt le travail de la pierre et les activités du bâtiment à Gorron. On aurait pu s’attendre à une évolution constante au cours du 20ème siècle, notamment après la Seconde Guerre mondiale.

1936 : 59.

Carrier (17), charpentiers (4), cimentiers (14), maçons (20), plâtriers (3), tailleur de pierre,

1962 : 46

Artisan plâtrier, apprenti peintre, charpentiers/couvreurs (3), entrepreneurs de maçonnerie (2), grutier, monteur électricien (3), maçon, ouvriers maçons (16), ouvriers plombiers (5), ouvriers charpentiers (3), ouvrier peintre, peintres en bâtiment (7), plombiers/zingueurs (2).

1975 : 64

Plâtriers (2), ouvrier chauffagiste, artisan maçon, ouvriers peintres (2), monteurs en préfabriqué (4), menuisier, ouvriers charpentiers (7), plombiers chauffagistes (4), plombier, ouvriers maçons (11), couvreur/ zingueur, charpentiers/couvreurs (3), peintres en bâtiment (5), menuisier artisan, entrepreneurs de maçonnerie (3), charpentiers (2), carreleur, entrepreneur, ouvriers électriciens (3), peintre décorateur, ouvriers plombiers (4), chef de chantier, chefs d’équipe (2), plombier électricien, maçon, peintre.

Le nombre important des employés dans le bâtiment en 1936 est lié au développement d’une entreprise : André Gaggione, originaire d’Italie.

Cette entreprise périclitera après la mort du fondateur. Ce qui explique la baisse relative des emplois dans le bâtiment en 1962.

Les nombreuses constructions de maisons individuelles et de bâtiments collectifs relancent l’activité du bâtiment dans les années 1970.

A noter l’apparition de monteurs en préfabriqué correspondant à une entreprise qui prendra de plus en plus d’importance : l’entreprise Foisnet.

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 17:47

Chapellerie : 3, place de la Houssaye…

Familles : Lelièvre/Tabur/Rebours/Mottier.

En 1975, Maurice Mottier (originaire de Gorron), chapelier, et Marie-Louise Mottier/héron (originaire de Flers), tiennent la chapellerie, 3 place de la Houssaye. On y fabrique aussi des parapluies.

La boutique est déjà présente dans le recensement) de 1876 : François Lelièvre (originaire de Gorron) est chapelier, rue de la Houssaye. Il est marié à Marie Verchère (originaire d’Evron).

En 1881, c’est Edmond Tabur, chapelier et sa femme Joséphine Tabur/Montembault qui tiennent la boutique.

En 1896, Constant Guerrier est recensé comme marchand de parapluie. Il est marié à Marie Lecomte.

En 1901, c’est Adèle Rebours (originaire de Lesbois), chapelière, et Constant Mottier (originaire de Lesbois) marchand de chapeaux, son fils, qui tiennent le commerce.

En 1921, Constant Mottier, chapelier et sa femme Denise Mottier (originaire de Brecé) tiennent la chapellerie. Un de leurs fils reprendra la boutique.

En 1962, c’est ce fils, Maurice Mottier qui tient la chapellerie avec sa femme Marie Louise Mottier/Héron

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 17:45

Biographie de Jean-Jacques Garnier.

La difficulté à obtenir un document essentiel à la poursuite de cette biographie m’amène à suspendre la dimension chronologique pour m’intéresser aux écrits de Jean-Jacques Garnier. Et plus particulièrement celui dans lequel il parle de lui-même comme « homme de lettres ». Ce qui nous permettra de mieux connaître l’homme, au-delà de son œuvre d’historien et d’administrateur du Collège de France (Collège Royal).

L’ « Homme de lettres » pour Jean-Jacques Garnier, est « celui dont le principal emploi consiste à cultiver son esprit par l’étude afin de se rendre meilleur et plus utile à la société ».

Les objets d’étude des hommes de lettres peuvent être très divers : ils concernent toutes les sciences et tous les arts. A condition que ces hommes de lettres cherchent « moins un gain sordide que des connaissances utiles, et qu’ils soient plus jaloux des progrès de leur art, que de ceux de leur fortune ».

L’Homme de lettres, quel que soit le domaine dans lequel il étudie, doit s’occuper « principalement de l’amélioration de son âme ; il travaille sur lui-même, et est à la fois le bloc de marbre et le sculpteur. »

Nous verrons que Jean-Jacques Garnier tenta de suivre ces principes. Nous retrouverons notamment, dans les différentes notices biographiques, le désintéressement sur le plan financier qui lui est souvent attribué.

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 17:29
L'ancien Collège d'Ernée...

L’ancien Collège d’Ernée.

Petits plaisirs et autres désagréments (2).

Le petit bâtiment fermé par des porte et fenêtres à claire-voie était censé contribuer lui-aussi à l’hygiène. On pouvait s’y laver les mains dans un bac tout en longueur. En réalité, ce lieu avait une fonction bien particulière. On l’appelait « le fumoir ». Naturellement, la cigarette était interdite au collège. Mais, comme souvent, une tolérance tacite existait. Les élèves les plus âgés s’entassaient dans le fumoir et on venait rarement les déranger. Les plaisanteries les plus fines dans ce lieu sans surveillance étaient de déposer un mégot non éteint dans les poches des camarades. Pour les blouses grises en toile épaisse cela laissait des traces comme autant de médailles. Plus la blouse était en mauvais état plus le prestige de l’élève était grand. Par contre, le jour ou un petit malin crut bon de déposer le mégot dans une des rares blouses en nylon, l’accès au fumoir devint pendant un temps plus difficile.

L’angle mort qui protégeait le fumoir de la vue des surveillants correspondait au mur des douches. Une fois par semaine, par classes entières, d’âges souvent divers, ce qui à l’époque ne semblait pas poser de problème, les collégiens compensaient la toilette succincte des petits matins ensommeillés. Chronométrées par des surveillants parfois facétieux il arrivait souvent aux serviettes d’avoir du mal à éponger la mousse savonneuse n’ayant pu être rincée. Imaginez le retour dans une salle d’étude surchauffée d’une troupe aux vêtements encore humides. Il y a des odeurs qu’on n’oublie pas…

A droite des douches, le combustible des poêles. D’imposants tas de bois rangés dans un hangar dont l’accès, naturellement, était interdit. Nous entrions alors dans le domaine du concierge, César, personnage pittoresque comme il sied à tout ancien internat. Plutôt bien apprécié par les élèves qu’il côtoyait parfois sur la cour de récréation.

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 17:27

Correspondance pendant la Seconde Guerre mondiale : Paris/Gorron.

Depuis le 6 juin 1944, les Alliés ont débarqué en Normandie. Mais les problèmes des Français sont loin d’être résolus, notamment dans le domaine du ravitaillement que nous voyons revenir constamment dans le courrier.

La nièce Renée, continue d’écrire à son oncle et sa tante. Elle a eu une petite fille, Nicole. L’épreuve de la guerre a perturbé sa santé.

« Paris le 20.5.45 »

« La guerre est terminée mais les misères n’y sont pas car c’est toujours la même chose, le ravitaillement est pour ainsi dire nul, cela n’a jamais été aussi mal… »

« Paris le 2. 1. 46 »

« En ce moment, Nicole a le faux-croup, la nuit elle tousse, la nuit seulement. J’en aurais vu avec elle. (…) J’ai été huit jours sans dormir, je crois plus on me soigne pire je suis, si cela continue j’abandonnerais tout. »

Pendant cette période immédiate après la guerre, différentes signatures montrent que le cercle des bénéficiaires des envois de nourriture s’est élargi. Nous ne retiendrons que les informations permettant de se faire une idée des conditions de vie de l’époque.

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  • : Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
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Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr

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