Note de lecture
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« Les mots, la mort, les sorts – la sorcellerie dans le bocage » ( Jeanne Favret Saada)
Agrégée de philosophie, ethnologue, psychanalyste, elle a inauguré sa propre démarche scientifique en étudiant la sorcellerie, notamment en Mayenne. Très vite, elle a refusé de considérer ceux qui y croyaient comme des demeurés, arriérés, voire débiles. Elle a donc pris au sérieux le système dans lequel s’inscrit ce jeu de « forces » antagonistes.
Ce décentrement « respectueux » est très intéressant. Par contre qu’elle ait pu (ou dû) être elle-même « prise » pour comprendre ce qui est en jeu m’a un peu dérangé. Il n’est pas étonnant que ses collègues, ethnologues notamment, se soient désolidarisés de sa méthode.
En ce qui concerne le texte lui-même, son souci d’analyse, au plus profond de la situation, le rend parfois lourd et répétitif. Elle annonce une suite à cet ouvrage. Je crains que ça ne renforce ce sentiment.
Le livre est sorti en 1977. Jeanne Favret Saada poursuit sa démarche originale, inclassable, dans laquelle la sincérité, l’authenticité ont toute leur place.