Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 16:26

Article V : Introduction aux Mémoires de Jacques-Pierre Fleury (1ère partie)

 

Jacques-Pierre Fleury, curé de la paroisse de Vieuvy, nous a laissé ses Mémoires. Ce texte, que nous sommes heureux de pouvoir consulter mais qui demeure, hélas, assez difficile d'accès, nous livre un vif témoignage sur la vie d'un prêtre de province à la fin de l'Ancien Régime et sur les épreuves qu'il endure, non seulement lors de la Révolution, mais également sous Napoléon et lors de la Restauration. Surtout, ces pages nous éclairent sur les relations que l'abbé entretenait avec plusieurs personnalités ainsi que sur les événements à l'échelle locale et nous en donnerons au cours de cette série d'articles, plusieurs exemples.

Nous ne savons pas exactement quand furent rédigés ces Mémoires. Selon Dom Paul Piolin, probablement vers 1825, c'est-à-dire, dans les dernières années de la vie de l'abbé Fleury, qui meurt au Mans en 1832.

La bibliothèque de Laval conserve, sous la cote Ms. 417, le manuscrit autographe des Mémoires. D'une belle écriture serrée, le manuscrit d'environ mille pages comporte un titre : Histoire de la vie d'un prêtre catholique sous la Révolution.

 

Corentin Poirier

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:26

Article IV : L'abbé Fleury, quelques éléments biographiques

 

3. Formation et nomination à Vieuvy

 

Illustration : L'église Notre-Dame de Mamers (photo : site internet de la Ville de Mamers)

 

 

            Jacques-Pierre Fleury a vu le jour au sein d'une famille apparemment modeste, et il a pu suivre des études « grâce aux sacrifices de ses parents, d'un oncle et d'un vieux prêtre ». Il reçoit d'abord ses premiers rudiments d'instruction à Mamers et, comme chaque futur prêtre, entre au Séminaire, où il étudie « d'abord négligemment », selon l'abbé Gaugain. Il est ordonné prêtre en 1781 et prend les fonctions de vicaire et de régent d'un petit collège dans sa paroisse natale, après avoir déjà un peu enseigné au Collège de Mayenne aux alentours de 1778.

            A Mamers, le jeune Fleury est en relation avec l'abbé Claude Yvon (1714-1791), théologien né lui aussi dans cette ville, principalement connu pour avoir collaboré à l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert. Fleury, qui sera amené à le revoir lors de ses séjours à Paris, parle de lui dans ses Mémoires et critique les positions de son confrère sur les choses de la foi. Nous pourrons y revenir.

           

            En 1788, à la suite d'un concours institué par Monseigneur de Gonssans, évêque du Mans –  l'évêché de Laval n'existait pas encore – il est nommé à la cure de Vieuvy où il succède au curé Étienne Carré, mort le 11 novembre 1788 à 65 ans (secondé par le vicaire Charlot). Dans un article, Alex Poyer écrit que pour accéder à ce concours « J. P. Fleury, ''le seul honoré de cette insigne faveur'', est considéré comme gradué alors qu'il n'a pas suivi d'études universitaires ».

L'abbé Fleury, valétudinaire, découvre sa paroisse après un voyage éprouvant. Nous détaillerons bientôt cette arrivée dans un prochain article, car Fleury a été assez disert sur le sujet. La signature de Fleury figure pour la première fois sur les registres paroissiaux sur l'acte de baptême de François Michel Jamotteau, en date du 7 février 1789. Nous sommes quelques mois seulement avant l'éclatement de la Révolution...

 

Corentin Poirier

 

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 12:12

 

 Article III : L'abbé Fleury, curé de Vieuvy : quelques éléments biographiques

 

2. Origines familiales

 

Illustration : Extrait d'un acte notarié où sont mentionnés les parents de Fleury (1773).

 

            Nous avons pour l'instant très peu d'éléments concernant les origines familiales de l'abbé Fleury. Son patronyme semble être fréquent à Mamers aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il existe notamment une branche de la famille à laquelle sont affiliés les « sieurs de la Boullaye » : reste à savoir si notre curé y est apparenté.

Jacques-Pierre Fleury paraît toutefois avoir des origines modestes. Sur son acte de baptême, son père, Jacques, est tailleur de pierre. On retrouve ce dernier dans un acte de 1773 (rédigé à la Perrière, en Normandie), où il est dit « maître maçon ». A cette date, la mère, Marie Beillon, est toujours vivante.

            Au début de ses Mémoires, Fleury parle beaucoup de son père, en particulier à l'occasion d'un fâcheux procès qui l'amène à se rendre à Paris, après 1788. Nous en reparlerons.

 

Corentin Poirier

 

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 12:00

La Révolution dans le canton

 

L'abbé Fleury, curé réfractaire de Vieuvy

 

Je tiens pour commencer à remercier Jean-Claude Jouvin de me confier une rubrique sur son blog et pour l'intérêt qu'il porte à mes recherches.

 

Article II : L'abbé Fleury, curé de Vieuvy : quelques éléments biographiques.

 

Nous évoquerons ici brièvement la vie de l'abbé Fleury afin d'en donner un aperçu général en quelques articles : nous approfondirons ensuite point par point.

 

1. Naissance

 

Jacques-Pierre Fleury naît le 5 février 1758 à Mamers (aujourd'hui dans le département de la Sarthe). Voici la transcription de son acte de baptême :

« Le cinq février 1758, est né et a été baptisé par nous vicaire soussigné, Jacques Pierre, fils légitime de Jacques Fleury, tailleur de pierres, et de Marie Beillon. Le parein Pierre Civou, clerc en pratique, la mareine Renée Marie Massot, sœur de l'Hopital, signès (sic) avec nous. » [S'ensuivent les signatures : J. Fleury. R. Massot. Civou. Laynard prebtre vicaire.]

 

Illustration : L'acte de baptême de Fleury.

 

Dans ses mémoires, Fleury évoque sa naissance en ces termes : « Né dans les larmes, je fus frappé dès le berceau d'un accident aussi douloureux qu'irréparable, la perte de mon œil droit, par la petite vérole que j'eus à l'âge de deux ans ». Pour l'abbé, la perte de cet œil n'est que le premier de la longue série de malheurs qui l'accableront tout au long de sa vie.

 

Corentin Poirier

 

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 12:28

La Révolution dans le canton

 

« J'ai réfléchi à votre proposition d'ouvrir une rubrique sur votre blog, consacrée à la Révolution dans le pays de Gorron, si vous êtes toujours d'accord. Cela me paraît une bonne idée : je pourrai ainsi fournir des éléments sur le canton au moment de cette période troublée et aussi pousser un peu plus loin l'étude sur l'abbé Fleury.» 

 

A la suite du premier article sur l’abbé Fleury, un échange avec Corentin Poirier nous a amené à ouvrir une rubrique qui sera tenue entièrement par cet étudiant en histoire qui s’intéresse, au-delà de ses propres recherches, à l’histoire de Gorron et du canton. Corentin n’est pas un inconnu sur le blog. Il a déjà fourni pas mal d’informations. Il n’est pas un inconnu pour la ville de Gorron non plus, ayant assuré plusieurs sorties historiques.

Cette rubrique, par son professionnalisme, ne pourra être qu’un plus pour le blog qui, je le rappelle à nos visiteurs, vient d’avoir 5 ans…

Sur l’illustration ci-contre, Corentin est au centre de la photo prise lors de l’inauguration de la plaque de rue Jean-Jacques Garnier.

Partager cet article
Repost0
4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 16:54

 

Vieuvy. Pour clore cette série d’articles sur la Révolution dans le canton, Corentin Poirier va nous présenter un personnage de Vieuvy dont nous allons suivre les aventures pendant quelques semaines.

 

L'Abbé Jacques-Pierre Fleury, curé réfractaire de Vieuvy

 

Article I (présentation).

 

Dans le cadre de l'étude du canton de Gorron sous la Révolution, nous proposons d'ouvrir une nouvelle série d'articles afin de partir sur les pas de Jacques-Pierre Fleury, curé réfractaire de Vieuvy (1758-1832).

Les Mémoires laissés par l'Abbé Fleury, que nous présenterons, nous livrent un témoignage vivant – mais à considérer avec beaucoup de distance – sur les troubles dans la région de Gorron au moment de la Révolution.

 

L'Abbé Ferdinand Gauguin, auteur de l'Histoire de la Révolution en Mayenne, imposante somme d'érudition, décrit l'abbé en ces termes : « Ce prêtre d'une foi vive, d'une vertu éprouvée, mais d'un jugement peu sûr et d'une imagination exaltée, qui le portait en tout aux extrêmes, avait été, au début de la Révolution, le champion le plus ardent de l'orthodoxie et l'adversaire le plus résolu des idées nouvelles » (Appendice sur la Petite-Église, p. 579). Nous aurons l'occasion de revenir sur la forte personnalité et sur les prises de positions très rigoureuses de Fleury, à travers différents moments de sa vie, tant depuis Vieuvy où il exerce son sacerdoce que depuis les nombreuses prisons où il est incarcéré, et pour causes : son opposition à la Révolution et à la Constitution, son rejet du Concordat et l'horreur qu'il porte à Bonaparte, « le tyran Corse ». Nous évoquerons pour finir les vicissitudes de ce prêtre, âgé et infirme, tenant de ce que l'on a appelé « la Petite-Église », lors de la Restauration.

 

Corentin Poirier

 

Illustration : église paroissiale de Vieuvy

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de jouvinjc
  • : Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
  • Contact

Texte Libre

Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr

Recherche