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22 décembre 2022 4 22 /12 /décembre /2022 09:33

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

Assassinat de Sadi Carnot

Le journal de Marguerite Péan (épouse Gabriel Boullard)

 

Décembre 1894

 

On ne parle plus que des anarchistes à Gorron. Une grande partie de la population est persuadée que la peine de mort pourrait arrêter les attentats. Mais, malgré les exécutions capitales qui se multiplient, rien n’arrête les assassinats. Le Président de la République, Sadi Carnot lui-même, a été tué. Je m’interroge sur l’efficacité de ce genre de peine.

Mais une affaire commence à beaucoup faire parler, même en province. Un capitaine juif est accusé de trahison. Il aurait transmis des informations aux Allemands. Nous avons une rue des Juifs à Gorron. Personne ne sait pourquoi. Jusqu’à présent, être juif ne semblait pas poser problème. On ne savait même pas qui l’était dans notre ville. Mais désormais chacun s’interroge. Être juifs devient une tare.

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3 décembre 2022 6 03 /12 /décembre /2022 11:48

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marguerite Péan (épouse Gabriel Boullard)

 

Décembre 1892

Ravachol

 

 

Un comité républicain a été créé à Gorron. Il faut dire que le Pape qui a invité les Français à adhérer à la République participe à l’évolution politique du pays. Les Royalistes, pendant longtemps hostiles à la République, soutenus autrefois par l’Eglise, sont moins influents, même dans les petites communes de l’ouest.

La législation du travail progresse et c’est une bonne chose. Les jeunes de 15 ans ne doivent pas travailler plus de 10 h par jour et ceux de 18 ans plus de 12 h. Le Parti Ouvrier gagne certaines élections municipales de grandes ville. Mais les anarchistes, avec leurs attentats à la bombe, effraient la population. Un des leurs, Ravachol a été guillotiné. 

 

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21 novembre 2022 1 21 /11 /novembre /2022 12:15

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marguerite Péan (épouse Gabriel Boullard)

Décembre 1891

 

Je ne sais pas si je mérite la confiance de ma belle-mère. Poursuivre le journal commencé depuis si longtemps par Renée Largerie est une lourde charge. Ne pas perdre la mémoire de notre famille , de celle de son berceau, m’oblige désormais. Heureusement, je me suis toujours intéressée à l’actualité de notre époque. J’espère que j’aurai la constance de Marie. Ce qui me sera difficile, c’est l’actualité gorronnaise. Pour le moment nous n’habitons pas à Gorron. Heureusement nous nous y rendons souvent.

Marie Constance a plusieurs fois évoqué l’organisation des ouvriers pour améliorer leur sort au travail. Un drame s’est passé lors du 1er mai à Fourmies. On a tiré sur des manifestants. J’ai entendu parler de dix morts. La société française semble traversée par des tensions politiques importantes. Les partisans du général Boulanger ont vu leurs espoirs s’évanouir quand ils ont appris qu’il s’était suicidé sur la tombe de sa maîtresse.

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14 novembre 2022 1 14 /11 /novembre /2022 11:39

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)

 

Décembre 1890

 

Notre fils, Gabriel, avocat, a épousé le 22 avril 1884 Marguerite Péan, une branche de ma famille résidant à Quimper. Cette jeune femme me paraît tout à fait digne de poursuivre le journal familial. Son instruction, son intelligence et sa curiosité m’ont marqué. Elle est d’accord pour remplir cette mission. Et son intérêt pour le document commencé par Renée Largerie confirme la pertinence de mon choix. Je profiterai des fêtes de Noël pour lui confier le journal. L’année 1890 sera donc la dernière en ce qui concerne cette modeste chronique. Je sens qu’il est temps de passer la main.

J’ai vu, au cours de ma vie, les ouvriers tenter de s’organiser pour exiger des conditions de travail décentes. Les propriétaires des moyens de production ont tout tenté pour les en empêcher. Mais le 1er mai, la grève générale déclenchée pour obtenir la journée de huit heures de travail, dans le cadre d’une organisation internationale, a montré la puissance de ces ouvriers. On sera bien obligé, désormais, d’en tenir compte.

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6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 12:28

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)

Décembre 1889

 

Deux personnalités s’affrontent dans notre ville. M. Le Marchant est élu au Conseil d’arrondissement, M. le duc d’Abrantès au Conseil général. Ce dernier est maire de Gorron. Il est considéré comme réactionnaire en cette période où la gauche républicaine a gagné les législatives.

L’aventure du général Boulanger qui a, un moment, menacé la Troisième République se termine de façon tragique : il se donne la mort sur la tombe de sa maîtresse.

Mais ce qui mobilise les Français en cette année, c’est l’exposition Universelle qui se déroule à Paris de mai à octobre. On y parle beaucoup de la grande Révolution dont c’est le centenaire. J’ai eu la chance de pouvoir admirer la Tour Eiffel, construction métallique de 330 mètres de hauteur et de voir le spectacle de Buffalo Bill avec des indiens et des cow-boys venus des Etats Unis d’Amérique.

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27 octobre 2022 4 27 /10 /octobre /2022 10:37

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)

Clémenceau

 

Décembre 1888

 

Le général Boulanger est élu triomphalement à une élection législative partielle. Beaucoup souhaiteraient le voir prendre le pouvoir et diriger la France comme avaient pu le faire les empereurs Napoléon 1er et Napoléon III. Mon mari souhaite son arrivée à la tête de l’Etat. En ce qui me concerne, même si je ne m’y connais pas beaucoup en politique, je préfèrerais garder la République. Ce régime me semble plus soucieux des droits de l’Homme. Une société des droits de l’homme et du citoyen vient d’être créée, notamment par Clémenceau. Je ne suis donc pas la seule à m’inquiéter.

L’évêque Lemaréchal vient déjà d’être remplacé par Monseigneur Bourgaut. Apparemment, notre curé semble plutôt satisfait même s’il ne s’était jamais permis de faire des remarques sur son supérieur.

 

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19 octobre 2022 3 19 /10 /octobre /2022 10:45

 

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)

le général Boulanger

Décembre 1887

 

La nomination d’un nouvel évêque est toujours un événement dans nos paroisses. Il s’agit de Monseigneur Lemaréchal. Les prêtres sont un peu inquiets quand arrive ce nouveau supérieur tout puissant. Par contre, en ce qui concerne M. le Marchant, qui est à nouveau conseiller d’arrondissement, il n’y a pas d’inquiétude. Chacun connait ses compétences et son dévouement. Il serait décrit par les autorités officielles comme « connaissant très bien son affaire ».

La République est mise à mal. Le Président Jules Grévy est poussé à la démission. Son gendre, Daniel Wilson, aurait demandé de l’argent pour l’obtention de médailles officielles. On parle de plus en plus du général Boulanger pour diriger la France, ce qui mettrait en danger la République.

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10 octobre 2022 1 10 /10 /octobre /2022 16:48

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)

Décembre 1886

 

Notre ville se transforme. Après la construction de la mairie et de l’église il y a une vingtaine d’années, un groupe scolaire a été réalisé rue de Normandie. On a hésité longtemps entre une rénovation de l’ancien collège, école communale de garçons, près du presbytère, et un groupe scolaire entièrement neuf. Ce deuxième projet a été retenu. Six classes, un internat pour les élèves de l’école primaire supérieure. L’enseignement à Gorron concerne 540 garçons et filles. Pour ces dernières, il est assuré au domaine de la Renardière près de l’hospice et dirigé par la supérieure de l’établissement de soins.

Un ouvrage d’Edouard Drumond : « La France juive », antisémite haineux, rencontre un grand succès. Je ne comprends pas cette haine. Tout comme l’initiative du général Boulanger qui recherche les suspects, étrangers espionnant pour l’étranger ou antimilitarisme. Cette méfiance les uns envers les autres me met mal à l’aise. La répression des grèves aussi, en particulier sur le site industriel de Decazeville

 

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28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 10:42

 

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)

 

Décembre 1885

Funérailles de Victor Hugo

Lors de la procession de la Fête Dieu, la section des sapeurs-pompiers dirigée par M. Morin avait fière allure. L’épée et la dragonne en or du lieutenant, le bonnet à poil des sapeurs, ont été très applaudis. Il faut dire que les pompiers sont beaucoup aimés pour leur dévouement. Quand le tocsin sonne, on peut les voir se précipiter vers l’incendie prêts à se sacrifier pour sauver les personnes en difficulté. La fanfare, les quatre gendarmes de la brigade à pied, ainsi que le garde-champêtre, suivaient la section. La population gorronnaise apprécie beaucoup ces manifestations. Qu’elles soient religieuses, organisées pour les comice agricole ou la Foire Fleurie.

J’attendais avec impatience l’ouvrage d’Emile Zola : Germinal. J’avais commencé à le lire en feuilleton dans le journal. Mais, cette fois, je l’ai en entier sous forme d’un livre qui est sur ma table de chevet. Un grand plaisir de lecture. Cet auteur ne remplacera pas Victor Hugo dont les funérailles nationales ont eu lieu en juin. Mais son œuvre me paraît exceptionnelle.

Pour justifier la colonisation, on parle souvent de races inférieures. Clémenceau  a rappelé que l’Allemagne nous considérait comme une race inférieures à elle après la guerre de 1870. Et qu’il faudrait éviter d’utiliser cette formule. Je suis bien d’accord avec lui. 

 

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19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 12:15

Un journal (purement fictif) tenu par un membre d’une vieille famille gorronnaise, me permet de revenir sur des éléments marquants de l’histoire de la ville dans le cadre de l’actualité nationale annuelle…

 

Le journal de Marie Constance Péan (épouse Charles Boullard)

 

Décembre 1884

L’élection du duc d’Abrantès maire de Gorron étonna beaucoup de monde. Celle-ci, s’étant faite à bulletin secret, les conseillers eux-mêmes paraissaient surpris. L’ancien maire, pourtant bien aimé de la population, à qui il n’y avait rien à reprocher dans sa gestion de la ville, payait sans doute les décisions prises au niveau national. Décisions présentées comme hostiles à l’Eglise. Chacun savait que le duc ne s’intéresserait pas de près aux affaires de la ville mais, lui, était proche de la cure.

La création des syndicats fut dénoncée par le duc alors que chez nous, cela ne changeait pas grand-chose pour les patrons comme pour les employés. Tout comme le rétablissement du divorce. Même si celui-ci ne pouvait se faire qu’à condition de fautes graves (adultères, sévices ou injures graves…) et non par consentement mutuel comme aux temps révolutionnaires. Il y eut tout de même quelques divorces à Gorron qui firent scandales.

Mais ce qui occupait la plus grande partie des journaux de l’époque, c’étaient les affaires coloniales. La France connut des révoltes, notamment en Chine, qu’elle dut réprimer. Rien n’avait vraiment changé à ce niveau-là.

 

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Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr

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