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31 décembre 2017 7 31 /12 /décembre /2017 10:06

La mort d’Antoine

 

L’année 1793 fut terrible pour le pays. Chaque famille se trouva prise dans la tourmente. Les Gilard furent particulièrement éprouvés. Cela commença par la mort de Gilles dont sa femme, Scholastique, fut très affectée.

En 1794, Antoine, lieutenant de la colonne mobile, affrontaient les contre-révolutionnaires. Au passage de l’armée vendéenne, des groupes se formèrent dans le Bas-Maine qui commencèrent à harceler les Républicains. On faisait appel aux hommes d’Antoine dans les communes proches quand les « chouans » agressaient les maires, brûlaient les registres officiels, coupaient les arbres de la liberté.

La colonne mobile était connue de ceux qu’on appelait parfois les « brigands ». Un groupe de chouans tendit un piège à Antoine en menaçant d’assiéger la Thiercelinais. C’est dans le taillis, au pied du bloc de granit près de la tanière de la louve, qu’il fut fusillé, son corps déposé dans la cour même du domaine.

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 10:17

Antoine et Jeanne

 

Antoine rencontra Jeanne, la fille de la cuisinière venue aider pour le repas de Noël à la Thiercelinais, lors de la réunion familiale. Bien que l’homme fut clair, il ne voulait pas fonder de famille, leur liaison aboutit à la naissance d’un garçon : Auguste.

Auguste n’aurait pas dû vivre. La sage-femme le baptisa à la maison comme la coutume le voulait quand le bébé était en danger, péril de mort était noté sur les registres paroissiaux. Comme prévu, Antoine refusa de reconnaître l’enfant mais aida la mère et la grand-mère à l’élever.

La situation s’aggravait en France. Gilles refusa de poursuivre sa fonction de maire. Il condamnait la violence d’où qu’elle venait. Il se réfugia dans son travail de notaire. Mais sa santé déclina et il mourut au début de l’hiver 1793. Cette mort marqua le début d’un épisode très difficile pour la famille Gilard.

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 12:24

Retour aux sources…

 

Pendant les quelques jours passés à la Thiercelinais, les invités retrouvèrent leurs souvenirs d’enfance.

Laurent avait passé son temps à nettoyer, restaurer certains éléments de la petite chapelle. Il était prévu de dire la messe le veille de Noël pour les invités qui le souhaitaient.

Françoise, accompagnée d’Adèle, après s’être plongée dans les archives familiales, parcourut le taillis à la recherche de la tanière et, pourquoi pas d’une louve ave ses petits. Elles réussirent à entraîner Scholastique et passèrent des heures entre l’étang et le bois.

Quant à Antoine, il voulut renouer avec la parcelle de la Louve. Cette fois encore, Scholastique l’accompagna, comme elle l’avait fait avec sa belle-sœur Françoise. Ils se plongèrent dans les archives, retrouvant ce qui avait été réalisé là par les ancêtres.

Scholastique ne regrettait pas son initiative.

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 12:02

 

L’entrée dans la Révolution…

 

Scholastique avait réussi l’exploit de réunir toute la famille Gilard pour la nuit de Noël 1791. Françoise était venue de Paris avec son amie Angèle. Laurent avait difficilement accepté de se joindre aux autres dans la perspective de nettoyer la petite chapelle. La génération de Gilles était donc au complet.

Pour les enfants, ce fut plus facile. Antoine, lieutenant de la colonne mobile de Gorron, Joseph, marié à la fille d’un notaire de Mayenne, Magdeleine au greffier du district d’Ernée, participaient aussi au repas. Si tous avaient été séduits par les changements révolutionnaires, des divergences commençaient à poindre.

De la Constitution civile du clergé condamnée par le Pape, au départ des nobles immigrés hostiles à la Révolution, en passant par les menaces extérieures sources de guerre, tout concourait à la violence qui s’annonçait. Et les convives du repas de Noël laissaient voir les fractures qui n’allaient cesser de s’ouvrir dans la société française.

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 11:34

La réinvention de Laurent

 

Laurent avait décidé de changer de vie en postulant pour la cure de Hercé. Il ne voulait plus se faire remarquer en dehors de sa tâche de prêtre. L’humilité, le retour sur soi étaient désormais au centre de ses préoccupations.

Cela lui était d’autant plus aisé que la cure était, sur le plan matériel, entièrement prise en charge par la famille du Bailleul, même si celle-ci résidait le plus souvent à Mayenne. L’église elle-même, très fonctionnelle, n’intéressait plus Laurent. Seules son âme et celles de ses fidèles étaient au centre de ses préoccupations.

Cependant, un incident le ramena brutalement dans le monde. Il fut pris dans une émeute frumentaire. Tentant de calmer les belligérants, un accident de cheval, le jeta à terre. Depuis ce jour, il boîta et sa santé resta fragile.

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 16:41

Une trop grande ambition

 

Tant qu’il fut question de restaurations, prises en charge en partie par l’évêché, les paroissiens étaient plutôt reconnaissants envers Laurent. Mais quand il s’attaqua à l’escalier menant aux cloches, tout changea brutalement. Il fallait de l’argent. Naïvement, le curé crut à la générosité des fidèles. Il fut très vite déçu.

Sentant que son prestige, perdait beaucoup de son ampleur, il imagina une autre tâche qui, cette fois, n’était guère onéreuse. Il s’agissait de réunifier les deux cimetières présents dans la paroisse par une bizarrerie de l’histoire. L’hostilité que son projet fit naître à son égard l’atteint profondément.

Aigri, découragé, il postula pour la cure de Hercé qui venait d’être vacante. Il n’avait alors qu’une seule volonté : se faire oublier, retrouver une modeste fonction de curé de campagne uniquement orienté vers la foi de ses fidèles.

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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 11:24

 

Laurent

 

Très tôt, Laurent a eu la vocation de devenir prêtre. Il était moins brillant que son frère Gilles mais, à force de persévérance, il entra au séminaire et devint curé de Lesbois. La paroisse n’était guère facile. Les prédécesseurs de Laurent avaient laissé l’église dans un état lamentable et les paroissiens s’en étaient éloignés.

Laurent trouvait là une situation qui lui convenait. Il pourrait réaliser pleinement son ambition pastorale. Très vite, il fut reconnu comme un bon prêtre. Il restaura les fonts baptismaux, découvrit une fresque recouverte d’un méchant enduit sur un mur de l’église.

Ces restaurations le distinguèrent jusqu’à l’évêché. Le modeste curé se découvrit alors une ambition et une personnalité qu’il ignorait lui-même. Il se sentait aimé, reconnu et capable de mener à bien ce qu’il considérait comme son chef d’œuvre, à l’image des compagnons qui devenaient maîtres dans leur corporation.

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 11:34

 

Retour à la Thiercelinais

 

Alors que Gilles pensait faire carrière comme professeur à l’université d’Angers, sa grand-tante, Anna, le supplie de revenir à la Thiercelinais : son père, qui vient d’avoir une attaque d’apoplexie, ne peut plus assurer ses fonctions de notaire et de procureur fiscal.

La nouvelle est d’autant plus brutale que Gilles a fait la connaissance d’une jeune fille, Scholastique, instruite et indépendante, de laquelle il est épris. Contrairement à ses craintes, elle accepte de l’épouser et, surtout, de venir habiter à la Thiercelinais.

Gilles fait bonne impression au baron de Gorron qui lui confie la fonction de procureur fiscal en remplacement de son père. Le couple s’installe définitivement à la Thiercelinais. Scholastique, sans rien perdre de son indépendance et de son énergie se révélera une femme et une mère appréciée par tous.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 11:37

Maître Ekel et l’université

Après ses études au collège de Mayenne, Gilles s’inscrivit en droit à l’université d’Angers. Il s’aperçut que ses interrogations pouvaient être partagées par d’autres étudiants et même par certains professeurs.

Il devint ami avec un de ceux-ci qui l’introduisit dans le milieu de la Franc-Maçonnerie. Bien qu’un peu allergique au côté société secrète et aux rites parfois ésotériques, il se trouva bien parmi ces esprits libres, souvent anticléricaux.

Sa voie paraissait tracée. Il poursuivait brillamment ses études et allait passer professeur. Il avait rencontré Scholastique, une jeune fille très en avance sur son temps, passionnée par toutes les connaissances nouvelles. Il commençait même à oublier la Thiercelinais.

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 16:06

Gilles

 

Dès l’âge de huit ans, Gilles suivit ses études au collège de Mayenne. Il y était pensionnaire mais rentrait à Gorron toutes les fins de semaines. Excellent élève, il comblait ses parents et les professeurs du collège. Sa conduite était, elle aussi, remarquable.

Et pourtant, il découvrait des pratiques chez certains religieux qui le révoltaient et l’amenaient à douter de l’Eglise en général. Il donnait cependant le change et ses interrogations ne perturbaient pas la suite de ses études.

Il s’en ouvrit à sa grand-tante qui tenta de le rassurer. Si l’hypocrisie existait partout, les hommes d’église, eux- mêmes, pouvaient être faibles, l’essentiel étant la foi en Dieu. Gilles n’osa pas lui dire que cette fois, chez lui, elle commençait à être ébranlée.

Ce doute, qui parfois le tourmentait, finit par lui faire perdre la foi. En entrant à l’université, il s’aperçut qu’il n’était pas le seul à se poser toutes ces questions.

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