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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 10:15
Le Taillis de la Mort…

Humiliation…

Mon père a passé sa vie à rafistoler un métier à tisser vétuste dans une cave très sombre. Ma mère a eu sept enfants. Quatre d’entre eux étaient morts en bas âge, vaincus par l’humidité de la cave et les exigences du père. Deux furent sauvés in extremis et placés comme domestiques dans une ferme proche. Quant à moi, quelques aptitudes particulières avaient amené le maire et le curé à exiger de mes parents le droit de fréquenter l’école communale, inscrit sur la liste des élèves indigents. Ne pas avoir à verser la contribution scolaire, plutôt que l’intérêt de leur fils, les incita à accepter les propositions faites par les personnages importants de la ville.

J’échappais enfin aux contraintes familiales qui m’obligeaient parfois à passer des heures près d’un père harassé et colérique. Une classe claire, bien chauffée l’hiver, avec les bûches dont j’étais dispensé. Et les félicitations du maître remplaçant plutôt que les cris et les coups de mon père. Mes réussites en lecture et en calcul intéressèrent certains autres élèves. Les « payants », ceux qui amenaient des bûches et qui, parfois, bénéficiaient d’un enseignement particulier.

J’étais devenu un enfant fréquentable. Les notables de la ville me souriaient. Un jour, même, on m’invita pour un goûter. Le fils du receveur des contributions directes s’était pris d’amitié pour moi. A moins qu’il n’appréciât particulièrement mes bons résultats passant de mon cahier au sien à l’insu du maître. La famille habitait une maison haute, au milieu d’un parc entouré de murs. Je fus ébloui par les tapis, les meubles cirés. Les jeux sortis par mon condisciple n’eurent pas le même effet. J’avais, par moment, le sentiment qu’il ne cherchait pas à jouer avec moi. Son souci était plutôt de ne rien oublier. Il lui fallait tout me montrer. La gêne que je commençais à ressentir s’amplifia quand arriva le goûter. La maîtresse de maison avait invité deux amies. Et on me montra comme le petit pauvre qu’on accueillait charitablement. Je ne touchai pas aux brioches et aux diverses confitures prétextant un mal de dent et m’obstinant jusqu’aux larmes.

Je ne connaissais pas encore le terme mais je sus alors ce que pouvait être l’humiliation.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 10:09
Point de vue…

Conseil municipal...

J’aimerais connaître le nombre de lecteurs des comptes-rendus des séances du conseil municipal qui paraissent en ligne sur le site de la ville de Gorron. Je me suis obligé, désormais, à les lire régulièrement. Et c’est une véritable punition.

Cela me permet, cependant, de mesurer le dévouement de nos élus locaux qui se penchent sur la gestion de la commune. Je les imagine préparant les séances et peinant sur les lois, ordonnances, les décrets, traitant du temps partiel pour les personnels administratifs (par exemple), pour finalement adhérer « à l’avis favorable du conseil à l’unanimité », décisions qui ont servi de conclusions à tous les points abordés lors du dernier conseil.

Je m’aperçois aussi que la gestion d’une ville comme Gorron nécessite des compétences quasi professionnelles. Les services administratifs de la commune sont évidemment là pour aider à cette gestion. Mais les décisions reviennent aux élus. Je m’attendais à des discussions plus « politiques » (au sens gestion de la cité) et non à un catalogue assez indigeste de mesures qui n’appellent guère le débat.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 12:12

Vous trouverez cette semaine (7ème semaine 2015)

Catégorie histoire locale :

  • Un siècle d’histoire gorronnaise : la rue Jean-Jacques Garnier (suite)…
  • Fermes et hameaux au 19ème siècle : la Grille
  • Gorron vers l’an 2000 : Gorron à la veille de la guerre : commerce, artisanat, industrie…
  • Photos de classes anciennes : Public / maternelle / vers 1935 (suite)…

Catégorie échanges :

  • La famille Foucoin : la rue du Bignon…
  • Sur les pas de Jean-Jacques Garnier : le Collège de France…

Catégorie fictions :

  • Le Taillis de la Mort : chapitre 3…

Point de vue :

  • Note de lecture : « Fureur Apache »…

Actualité de la semaine (7ème/2015)...

D’HIER ET D’AUJOURD’HUI

Courrier de la Mayenne (jeudi 15 janvier 2015). « Vœux de la municipalité (…) Jean-Marc Allain a rapporté des chiffres concernant la population. La commune compte 2772 habitants, un chiffre en baisse avec seulement 18 naissances en 2014, 11 mariages et 39 décès. »

Dans les années 1980, on pensait que l’augmentation de la population gorronnaise, amorcée après la Seconde Guerre mondiale, allait permettre de dépasser le seuil des 3000 habitants (2837 en 1990). Mais cette augmentation ne s’est pas poursuivie au 21ème siècle.

Au 19ème siècle, on a pu enregistrer un mouvement analogue. Jusqu’aux années 1880, la population ne cessait d’augmenter (2 856 en 1881). Ensuite, notamment à cause de la Première Guerre mondiale, la population a baissé.

2825 h en 1982, 2837 en 1990

1946 : 2321 ; 1954 : 2207 ; 1962 : 2321 ; 1968 : 2400 ; 1975 : 2511.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 12:00
Fermes et hameaux au 19ème siècle…

La Grille

Pour cette dernière ferme hors agglomération de Gorron, c’est Claude qui nous fournit l’essentiel des informations

1846

Il n’y a pas de lieu-dit de ce nom dans le recensement de 1846.

« Famille Bourdon de la Grille : Alexandre Bourdon et Julie Foret semblent être les premiers occupants de ce village, du recensement de 1856 à 1881. Ensuite ils vont à Beauchêne en Hercé et Alexandre devient maire d'Hercé (1886).
Sur le cadastre de 1832 il n'y a pas de maison.
À la Grille en 1891 et 1896 il y a Auguste Recton et puis la famille de Julien Leblanc et en 1936 c'est Maurice Bailleul Marie Louise Oger et ses enfant
s. »

1906

Julien Leblanc, cultivateur, et Julie Ribay.

Virginie Boittin, sans profession.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 11:58
Classes anciennes…

Public/maternelle/vers 1935 (suite)

2ème rangée

N° 1 : René Morice, fils de Joseph Morice (poseur – tramway) et de Victoire Morice (SP), rue de Bretagne.

N° 2 : Maurice Douillet, fils de Basile Douillet (maçon) et de Marie Douillet (SP), rue Jean-Jacques Garnier.

N° 3 : Madeleine Moreau, fille de Joseph Moreau (vérificateur principal) et de René Moreau (SP), rue Brochard-Brault.

N° 7 : Nicole Mérienne, fille de Félix Mérienne (courtier en bestiaux) et d’Alphonsine Mérienne (SP), rue de Bretagne.

N° 10 : Pierre Blanchetierre, fils de Fernand Blanchetierre (journalier) et d’Hélène Blanchetierre (SP), rue Brochard-Brault.

N° 11 : Marcelle Dutertre, fille de Marcel Dutertre (carrier) et de Marie Dutertre (SP), rue du Pré.

A suivre…

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 11:54
Un siècle d’histoire gorronnaise…

La rue Jean-Jacques Garnier (suite).

Immeuble n° 14

Les recensements de 1921, 1936, 1962, attestent la présence d’un sabotier et de sa femme, débitante, dans cet immeuble : Armand Bourdon, sabotier, et Marthe Thévalles, débitante.

En 1906, le couple n’est pas présent dans cet immeuble.

Evolution de l’artisanat et du commerce

Des séquences d’une trentaine d’années ont été retenues pour apprécier cette évolution : 1872/1906/1936/1962.

Au point de vue nombre :

1872 : 44 ; 1906 : 27 ; 1936 : 20 ; 1962 : 16

Même si la nature des recensements peut varier (certaines activités de la femme peuvent ne pas être toujours recensées), l’évolution est significative. Nous verrons au cours de l’étude si cette évolution s’inscrit dans une évolution générale au niveau de la commune (ce qui est probable) ou si elle est spécifique à la rue Jean-Jacques Garnier.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 11:49
Vers l’an 2 000…

Gorron à la veille de la guerre.

Industrie/commerce/artisanat (suite).

Métiers de bouche/ restauration/accueil

Aubergistes/cafetiers/débitants (31), bières (2), bouilleurs de cru (2), boucheries (4), boulangeries (5), charcuteries (3), cuisinières (2) épiceries (13), fromager (1), hôteliers (2), pâtissiers (2), vins et eaux de vie (2).

Vêtements/tissus/chaussures/accessoires.

Blanchisseuses/lingères (5), bonneterie/dentelles (3), confections (4), cordonniers (10), couturières (9), nouveautés (4), chapelleries (3), chaussures (5), horlogers-bijoutiers (2), machines à coudre (2), merceries (3), modes (2) nouveautés (4) ; ouvrières en robes (8), parapluies (4), parfumeurs (5), sabotiers (7), tailleurs d’habits (5), teinturiers (2),

Services divers.

Bazar (1), chiffonniers (3), cirier (1), coiffeurs (7), cordages (2), imprimeurs/libraires (2), journaux (2), matelassiers (4), relieurs (2), rempailleurs de chaise (3), secteur électrique – production d’électricité à l’aide d’une turbine hydraulique (2), statues/articles religieux (1), tabacs (3), fabriquants de couronnes (4), fossoyeur (1), photographes (5).

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 11:46
La famille Foucoin ou Foucouin…

La rue du Bignon…

Dans son courriel, Jacqueline évoque son enfance rue du Bignon :

« …en 42/43 j'étais très jeune et me souviens de la maternelle qui était pratiquement en face de la boutique de la famille au 53 rue du Bignon, de la fontaine rue de Normandie où on descendait pomper l'eau, de l'épicerie qui était à côté du 53 et dont les murs appartenaient à la famille… »

L’école maternelle privée se situait, avec l’école des filles, dans les locaux du collège Sacré Cœur actuel. Un accès à cet établissement, par une petite porte existant toujours, donnait sur la rue de la Croix. A l’époque, la maternelle s’appelait l’Asile. Un de ses murs donnait effectivement sur la rue du Bignon.

La fontaine Saint-Martin dans laquelle avait été creusé un lavoir aujourd’hui comblé n’existe plus, pas plus que la pompe située à l’entrée de l’impasse qui en donnait l’accès.

Quand à l’épicerie, nous pouvons la voir sur la carte postale ci-jointe.

Les sabotiers (suite) :

En 1936 : 6 patrons, 1 employé.

En 1962 : il n’y a plus de sabotier à Gorron.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 11:37
Sur les pas de Jean-Jacques Garnier…
Sur les pas de Jean-Jacques Garnier…

Le collège de France…

Jean-Jacques Garnier obtient la chaire d’hébreu, occupée auparavant par l’abbé Salier, en 1759. Chaire qu’il transformera plus tard en chaire d’histoire. Il devient inspecteur du Collège en 1768 et est élu syndic en 1770. En 1778, il abandonne sa chaire d’histoire pour ne s’occuper que de l’administration du Collège.

Avec ces informations, nous sommes ensuite allés, au collège de France. Du portail, fermé, à l’arrière du bâtiment, nous avons pu prendre des photos de la cour centrale dans laquelle on pouvait voir la liste des professeurs ayant enseigné au Collège. Puis nous avons pris l’entrée principale. Dans le hall d’accueil, contrairement à ce que nous avions connu depuis le début de notre périple, nous sommes tombés sur une personne peu agréable. Manifestement pas intéressée par nos recherches, elle a commencé par nous dire qu’elle ne connaissait pas Jean-Jacques Garnier. Puis, consultant quelques documents, elle a mis en doute son rôle au niveau de l’administration du Collège. Après nous avoir interdit l’entrée de la cour centrale, elle a fini par accepter tout en refusant qu’on puisse prendre une photo. Nous l’avons fait malgré tout et nous avons bien retrouvé l’abbé Garnier (inscrit Jean Garnier) sur la liste des professeurs. Nous sommes ensuite retournés voir la « gentille dame » qui a reconnu les informations qu’on lui apportait mais toujours avec un manque d’enthousiasme déplaisant…

Sur les pas de Jean-Jacques Garnier…
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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 11:33
Le Taillis de la Mort…

Rappel : à partir de ses déambulations dans le taillis, le narrateur écrit des nouvelles. La première se déroulait pendant la préhistoire. La deuxième est plus contemporaine.

Chapitre 3.

Il habitait déjà depuis quelque temps la maison du Taillis. Les journées se succédaient, lentes et sereines. Il occupait la majeure partie de son temps à la promenade et à l’écriture. Ce jour-là, les jacinthes d’un bleu presque violet tapissaient l’herbe vert foncé du sous-bois. Ces couleurs annonçaient une température idéale pour une marche lente et flâneuse. Il s’assit sur le banc, au pied du rocher qu’il connaissait depuis sa petite enfance. Un reste de croix métallique, enchâssée à son sommet, toute tordue, avait suscité bien des légendes.

Pour certains il s’agissait de commémorer l’assassinat de trois prêtres, vraisemblablement au cours de la Révolution. Pour d’autres, au contraire, c’était en ce lieu que les « Brigands » avaient fusillé un chef républicain chargé de défendre la ville. Chacun ses martyrs songea-t-il en souriant. Il regardait les restes de la croix et pensa alors qu’il n’était jamais monté au sommet du rocher. Pourquoi pas maintenant ? La végétation et le glissement du sol rendaient l’escalade beaucoup moins dangereuse qu’autrefois.

Il examina le ciment qui scellait le pied de la croix. Les années l’avaient rendu très friable. Il sortit son couteau qui ne le quittait plus depuis sa nouvelle vie et se mit à gratter. Il ne serait pas bien difficile d’élargir les fissures et il eut l’impression que la cavité remplie du ciment était beaucoup plus large que la simple fixation du métal ne le nécessitait. Il entreprit de dégager cette cavité. C’était plus dur qu’il ne le pensait. Il serait obligé de s’y reprendre à plusieurs fois.

Il attendit le midi puis, après le repas, s’installa comme tous les jours à son bureau et commença à écrire. Il lui semblait qu’il y avait nécessité à créer une nouvelle histoire. Et la magie opéra.

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  • : Principalement axé sur l'histoire locale (ville de Gorron), ce blog permettra de suivre régulièrement l'avancée des travaux réalisés autour de ce thème.
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Vous trouverez dans ce blog trois thèmes liés à l'histoire de la ville de Gorron. Les différents articles seront renouvelés régulièrement. Ceux qui auront été retirés sont disponibles par courriel à l'adresse suivante : jouvinjc@wanadoo.fr

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