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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 12:28
Le Taillis de la Mort…

Lui

« Quand tu évoques ta faiblesse qui aurait pu nous amener à faire l’amour, quand tu fais allusion à l’interrogation du dernier soir, j’ai le sentiment, après coup, que là résident les racines de toute ma vie amoureuse.

Après mes deux flirts peu satisfaisants, l’émotion presque douloureuse que j’ai pu ressentir en te retrouvant, j’étais persuadé que je ferais ma vie avec toi. J’avais moins d’impatience, bien que recherchant constamment la dimension physique. Pourquoi n’ai-je pas tenté d’aller plus loin ? Sans doute parce qu’il ne faisait aucun doute que nous avions le temps et qu’il était inutile de te forcer. Mais aussi parce que j’avais peur. Peur de mon inexpérience. Peur de gâcher quelque chose.

J’en ai été particulièrement convaincu quand je me suis aperçu, plus tard, que je ne connaissais rien du plaisir féminin. Mes caresses intimes avaient deux objectifs. Te donner une jouissance analogue à la mienne qui se maintenait tout au long de nos contacts physiques.

Vérifier ainsi la réciprocité de notre amour. Quand tu résistais et repoussais ma main, je croyais à un jeu un peu pervers destiné à renforcer le désir. Il ne m’était même pas venu à l’idée que le plaisir pouvait, chez toi aussi, atteindre ce moment magique mais aussi redouté qui ensuite l’éteignait. Quand je l’ai compris, tu étais déjà repartie. J’ai dû, à ce moment te paraître bien ridicule…

Lors de notre brève rencontre dans la ville où tu habitais alors, en présence de ma famille, j’ai senti que quelque chose avait changé. Je n’avais alors qu’une seule préoccupation : officialiser notre amour. La dimension physique était alors mise entre parenthèse. Tout du moins dans son versant purement sexuel. Je me contentais de tes mains. Ce qui était tout de même très fort pour moi. La longueur et la finesse de tes doigts. Cette peau lisse, un peu élastique me suffisait amplement. A moins qu’inconsciemment elles me paraissaient pleines de promesses.

Quand tu es revenue pour les vacances, j’ai ressenti le même choc. Essayer de traduire cette impression me fait tomber dans les clichés. Le cœur qui s’accélère, la chaleur, la tension… Et pourtant ils expriment bien ce que je pouvais vivre à ce moment-là.

J’ai compris que quelque chose avait vraiment changé chez toi. Aux vacances précédentes, tu ne m’avais même pas fait la bise, tu ne m’avais pas parlé d’emblée, mais ta façon de me regarder me faisais presque frissonner. Cette fois, tu étais trop à l’aise, trop aimable. J’ai eu droit à la bise, peut-être un peu plus appuyée que les autres. Mais ton regard était neutre.

Quand nous nous retrouvâmes seuls, il y eut trop d’application. Je te caressais avec la crainte de ne pas réussir à voir quand il me fallait arrêter. Dans un premier temps, j’ai cru qu’il suffisait que tu repousses ma main. Mais il me semblait bien que parfois tu la repoussais plus par frustration que par satisfaction. J’en oubliais tes lèvres, ton corps. Je n’osais plus adorer tes mains.

Et puis il y eut ce bal. Je n’aimais guère ce genre d’exercice. Mais toi tu y tenais. De te voir danser avec d’autres garçons me rendait triste. Fier aussi de montrer que nous étions ensemble. Je te trouvais si belle, si femme, à ce moment-là. Puis la jalousie émergea. Tu ne voulus pas me suivre. Tu es restée seule. Et, bêtement, j’ai choisi l’épreuve de force, persuadé que j’allais gagner, que tu reviendrais en larmes et en me réaffirmant ton amour.

A partir de ce moment, j’étais durablement fragilisé. »

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