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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 10:54

Pessimisme…

Une nuit plus calme, sans rêve mémorisé, avec quelques réveils un peu pénibles, bouffées de chaleur, gorge sèche… L’humeur de ce matin contredisait totalement l’exaltation de la veille. La volonté et la méthode mises en avant-hier soir me paraissaient bien vaines par rapport à mon cœur malade et à mon sang vieilli. Je suis resté assis longtemps dans ma cuisine, seul, face à un petit déjeuner délaissé. J’avais vaguement envie de passer à la mairie, de rompre le retour sur soi qui me paraissait si séduisant hier. L’idée d’une promenade matinale me tentait aussi. Tout comme un retour au lit, volets fermés, dans la pénombre que je pensais fraîche. Puis, doucement, parmi les idées flottantes qui traversaient mon esprit, une a émergé. Pourquoi celle-là ? Sans doute parce qu’elle était la mieux adaptée au moment. Mais j’ai le sentiment de n’y avoir été pour rien. Si j’étais en parfaite santé, que ferais-je donc de ce jour ? En quoi ma situation actuelle m’empêchait-elle de goûter l’instant présent ? N’ayant pu répondre de manière pertinente à ce questionnement, j’ai décidé de sortir. Il n’était pas question d’aller au Taillis de la Mort. J’ai alors emprunté les plus anciennes rues de Gorron. C’est en remontant la rue des Chauvinettes que les douleurs sont arrivées. J’ai regagné péniblement ma maison, épuisé mais heureux.

J’ai toujours eu du mal avec le communisme. De vagues tendances anarchistes qui me rappelaient ce que les bolchéviks avaient fait subir aux révolutionnaires libertaires en Russie. Par la suite, si je reconnaissais bien volontiers des vertus de défense de la classe ouvrière aux communistes français, leur volonté d’hégémonie sur les syndicats m’a toujours déplu. Petit bourgeois était le qualificatif le plus utilisés par les Rouges à mon endroit. Ils n’avaient sans doute pas tout à fait tort. Plein d’empathie pour les pauvres ouvriers exploités je ne me sentais pas pour autant faisant partie de leur monde. Et puis le dogmatisme de l’extrême gauche d’alors m’était toujours un peu suspect. Ce qui se passait en Pologne confirmait mes soupçons. L’URSS avait beau jeu de renvoyer dos à dos les démocraties capitalistes. Il n’empêche qu’elle profitait des tensions en Europe pour assouvir ses visées territoriales. Comment les communistes français, a priori attachés à la France, pouvaient-ils s’accommoder du pacte germano-soviétique ? Que feraient-ils si l’Allemagne attaquait la France. Se réclameraient-ils encore d’une hautaine neutralité ? Leur appel à la paix, que j’avais un temps été tenté de soutenir, me paraissait désormais hypocrite et dangereux. Je n’en étais pas encore à souhaiter une attaque franco-anglaise d’envergure contre le régime nazi mais il était pour moi devenu évident qu’en cas de conflit je soutiendrais sans ambiguïté les infâmes capitalistes. Ne serait-ce que pour dénoncer le caractère insupportable de la politique raciale, notamment contre les Juifs, qui s’affirmait outre-Rhin. Comment des gens de gauche, même extrême, pouvaient-ils, minimiser cet aspect de l’idéologie nazie ? D’autant plus que l’antisémitisme était plutôt l’apanage d’une droite proche de l’Action Française, ennemie jurée des Rouges de tout poil, et même des simples Républicains.

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